Fin de la trêve des gangs, Léon Charles va-t-il enfin rétablir l'ordre ?

Publié le 2021-09-02 | lenouvelliste.com

Les gangs de la troisième circonscription de Port-au-Prince ont mis fin mercredi soir à la trêve observée depuis le séisme du 14 août dernier dans les départements du grand Sud. Du premier juin au 14 août 2021, la guerre des gangs pour le contrôle de territoire dans ces quartiers avait paralysé la circulation automobile et piétonne sur cet axe routier qui relie cinq communes de l’Ouest et quatre départements du grand Sud à la capitale. En raison des pertes en vies humaines et des dégâts matériels enregistrés lors du séisme du 14 août dernier, les gangs avaient observé une trêve en vue de permettre au gouvernement et aux organisations non gouvernementales de secourir les victimes. Tôt ce jeudi matin, au niveau de Fontamara et de Martissant, des individus armés ont repris le contrôle de ce tronçon. Les véhicules qui ont tenté de traverser Fontamara et Martissant ont été stoppés et utilisés pour obstruer la route.

Quelle sera la réponse des autorités policières à la suite des événements survenus ce jeudi dans la zone métropolitaine ? Depuis l’arrivée de Léon Charles à la tête de la Police nationale d’Haïti, la situation d'insécurité de la zone métropolitaine a empiré. Les gangs se sont multipliés et se sont affirmés dans leurs quartiers respectifs sans aucune inquiétude. Les rares interventions de la police se sont soldées par des échecs. Aucun gang connu de la zone métropolitaine n’a été démantelé par les unités spécialisées de l’institution policière. Après l’échec de l’opération de la PNH à Village-de-Dieu en mars dernier, aucune action n’a été entreprise par l’institution policière dans cette zone pour rétablir l'ordre. Les gangs sont mieux informés des stratégies de la PNH que celle-ci sur les activités des bandits. Alors que l’institution policière dispose d’un budget mensuel pour les renseignements, rien ne montre qu'elle utilise une partie de ce budget pour se renseigner sur les activités des gangs.

Depuis le premier juin dernier, les gangs de Grand Ravine et de Village-de-Dieu contrôlent tout ce qui bouge à Martissant et ferment le sous-commissariat de la zone sans aucune résistance. Délaissés, plusieurs centaines de riverains ont été contraints de quitter leurs domiciles pour se réfugier dans des abris et ailleurs. Le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) n’a ni commenté ni condamné les actions des bandits. Le directeur général de la PNH reste dans l'expectative.

 Neuf mois après avoir pris le commandement de l’institution, Léon Charles ne peut plus prétexter le temps, l'effectif nécessaire et le manque d'équipements pour traquer les bandits. Le numéro un de la PNH est à la tête d’une institution qu’il connait bien dans sa structure, ses missions et son fonctionnement. Ce qu’on attend du directeur général, ce sont les résultats après neuf mois de gestion.

 Va-t-il continuer à camoufler son incapacité de rétablir la paix à Martissant et dans les autres quartiers contrôlés par les gangs ou aura-t-il la décence de tirer sa révérence ?

Llbonneau@lenouvelliste.com



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