Quand le Centre Muse Haïti donne la parole aux jeunes

Le Centre Muse Haïti (CEMUH) a publié un document servant de base à un Plaidoyer des jeunes pour la démocratie afin d’accorder la parole aux jeunes des différentes couches sociales du pays pour s’imprégner de leurs attentes envers la démocratie. Les doléances des jeunes sur les plans socioéconomique et politique sont susceptibles d’orienter les politiques publiques en faveur du respect des principes démocratiques et des droits humains.

Publié le 2021-09-14 | lenouvelliste.com

De mi-septembre à mai 2021, le Centre Muse Haïti a rencontré 53 jeunes des départements du Nord, de l’Ouest et du Sud autour de leurs préoccupations, pour s’enquérir de leurs attendent à l'égard de la démocratie. De ces rencontres avec des jeunes de 15 à 24 ans, dont 31 filles et 22 garçons, résulte un Plaidoyer des jeunes pour la démocratie, un document d’environ 16 pages. Ce plaidoyer prend en compte les propositions d’étudiants, d’artisans, de travailleuses du sexe, de jeunes en situation de handicap, de jeunes à orientation sexuelle différente, d'habitants des quartiers défavorisés, entre autres.

Ce plaidoyer est un moyen de susciter les acteurs concernés à prendre des mesures relatives aux attentes des jeunes. « Nous avons constaté que les jeunes ne participent pas aux prises de décision dans le pays, alors qu’ils sont majoritaires », a indiqué Jerry Registe, président du Centre Muse Haïti, selon lequel on ne prend en compte ni les propositions ni les revendications des jeunes. C’est pourquoi, poursuit-il, le document est adressé aux décideurs politiques et ceux qui aspirent à l’être, aux ministères concernés, aux agences nationales et internationales défendant les droits humains, aux regroupements de la société civile.

Dans ce document, le CEMUH permet aux jeunes de dénoncer l’inaccessibilité des services sociaux de base. Mais « les jeunes n’ont pas dénoncé seulement. Ils ont aussi proposé », a souligné Jerry Registe. Ils ont recommandé des mesures sur le plan social, économique et politique. La construction d’hôpitaux et de centres d’enseignement, l’égalité des chances, des espaces de loisirs, le traitement humain des détenus, le respect de la fonction publique, la valorisation des règles d’éthique et des compétences, la libéralisation des activités génératrices de revenus, l’accès au crédit, la lutte contre la corruption sont entre autres revendications des jeunes.

Ceux-ci réclament par ailleurs une justice indépendante, préconisent un enseignement de qualité réalisé dans la langue maternelle des Haïtiens et l’accessibilité des personnes handicapées aux bâtiments.

« Ce document est la voix des jeunes, de ceux qui quittent le pays parce que leur avenir est menacé », a soutenu le président du CEMUH, ajoutant que nous ne sommes pas en transit dans notre pays. Au lieu d’être un sondage, le plaidoyer est un exercice de citoyenneté à travers lequel les jeunes contribuent à la résolution des problèmes qui gangrènent la société haïtienne. « Nous avons pour devoir de participer à la gestion du pays », a défendu le numéro un dudit Centre.

Il critique en outre le fait qu’aucune autorité n’ait jamais consulté les jeunes pour les prises de décision dans le pays. Les jeunes sont prêts à participer. Il revient à l’État de nous consulter sur les mesures à prendre pour notre avenir. Il faut que l’État vienne vers les jeunes », a souhaité Jerry Registe. Pour lui, le message c’est de prendre en compte la voix des jeunes au moment des décisions, faire de ce document une feuille de route pour savoir ce que réclament les jeunes et les leur satisfaire.



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