L’effectivité du Corps d’ingénieurs civils et d’architectes (CICA) : une réponse aux dégâts sismiques

Publié le 2021-08-26 | lenouvelliste.com

Haïti a connu plusieurs séismes dans son histoire de peuple. Certains de magnitude faible d’autres élevée.  Les plus dévastateurs sont récemment ceux du 14 août 2021 et du 12 janvier 2010. Plus le tremblement de terre touche les zones urbaines plus les dégâts sont élevés. Ainsi, nos constructions souvent anarchiques sont la conséquence du non-respect des normes de construction, de l’absence ou de la lenteur ou de la complicité ou de l’incompétence de certaines personnes qui représentent les autorités centrales et locales.

Face à cette situation et tenant compte de l’incapacité des autorités municipales à mener à bien cette mission, l’administration centrale de l’État, dans le cadre du Programme de modernisation de l’État (PME-2023), piloté par l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), a procédé à plusieurs recrutements, dont celui pour la constitution du Corps d’ingénieurs civils et d’architectes (CICA). Reçu au Palais national en janvier 2019, en présence du président de la République, Jovenel Moïse, du Premier ministre Jean-Henry Céant et du coordonnateur général de l’OMRH, Me Josué Pierre-Louis.

Le décret du 17 mai 2005 portant révision du statut général de la fonction publique donne possibilité, en son article 79,  à la création des corps d’emploi déterminés à partir des grandes filières professionnelles transversales ou sectorielles nécessaires à la réalisation des grandes missions de l’État. D’un point de vue réglementaire, le CICA a été créé par l’arrête du 17 juillet 2019 et rattaché au ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Un an plus tard, l’arrêté du 16 mars 2020 fixant le statut particulier du Corps d’ingénieurs civils et architectes. Cette dernière détermine  la mission, le recrutement, la formation et les modalités de classement et d’avancement. Tout comme le Corps d’administrateurs civils d’État, le CICA fait partie des emplois de la fonction publique de catégorie A.

Après environ un an de formation et après avoir réussi les épreuves telles que édictées par le cadre normatif, les ingénieurs et architectes sont maintenant habilités à intégrer la fonction publique, ce qui doit se traduire par un acte de nomination. Malgré l’ampleur politique de ce programme, étant donné que le président toujours faisait référence dans le cadre de ses grandes réalisations, il n’a pas pu aboutir. Les ingénieurs et architectes ont pu obtenir leurs lettres de nomination après plusieurs mobilisations devant les locaux de l’OMRH  en 2020. Un an après la majorité d’entre eux pour ne pas exagérer ne sont pas encore affectés.

Enfin, il faut souligner que c’est le contexte post-séisme que ce corps a été mis en place. Selon l’article 2 de leur statut particulier, mis à la disposition des municipalités et a pour mission principale de mettre en œuvre, dans les limites de la commune, les politiques publiques de l’État en matière d’aménagement du territoire et d’urbanisme dans le contexte post-séisme. Aujourd’hui, il s’avère impérieux de rendre effectif ce corps et d’utiliser ce titanesque compétence qui déjà représente une charge pour l’État sur le plan financier afin d’aider à la construction de nos villes. Pourquoi former des cadres si à la fin on les met de côté ?

James Edmoncardy DESIMO, économiste, spécialiste en administration publique
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