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L'Ennui d'Etzer Vilaire

« L’ennui avalerait le monde dans un bâillement», a écrit Charles Baudelaire dans « Les fleurs du mal ». Le poète jérémien Etzer Vilaire, tout comme le génie français qui possède l'art de suggérer les sensations, les émotions, les images, a connu cet état d'âme. Il cristallise cet instant dans un morceau que Le Nouvelliste a extrait de « Les poèmes de la mort ». Qui aujourd’hui en Haïti n'est pas traversé par l'ennui ? Cette impression de vide, de lassitude, de désœuvrement dans ce pays monotone rythmé par des malheurs qui vont crescendo, nous poussant à aller vers les poètes pour sonder cette lassitude morale.

Etzer Vilaire
20 juil. 2021 — Lecture : 1 min.
L'Ennui d'Etzer Vilaire

L'ennui avalerait le monde dans un bâillement

Mon âme est un désert. Une lueur nocturne
Éclaire à l’infini sa face taciturne.
Pas un son, pas un bruit, pas une haleine, pas
Un bruit dans le chemin vague où s’usent mes pas.

Goutte à goutte, le ciel a tari sa vieille urne
Pour la terre altérée et marâtre, Saturne
Dévorant ses enfants mort-nés. Tout seul, hélas !
Je vis pour contempler l’universel trépas.

Je vais, ayant le cœur usé d’un centenaire.
Ma vie en ces lieux morts plus qu’un site lunaire,
C’est l’i

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