« 50 morts et 13 000 déplacés », le Haut-Commissariat des Nations unies s’inquiète des conséquences humanitaires de la violence en Haïti

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a évoqué la situation qui prévaut en Haïti avec les affrontements violents entre gangs armés qui ont provoqué « 50 morts et 13 000 déplacés ». Le président Jovenel Moïse, dimanche 20 juin, avait demandé au chef du gouvernement de se pencher de toute urgence sur la situation des milliers de personnes déplacées.

Publié le 2021-06-21 | lenouvelliste.com

Dans sa déclaration, Michelle Bachelet, à la 47e session du Conseil des droits de l'homme, le 21 juin 2021, a fait part de ses inquiétudes quant aux affrontements entre les gangs armés qui persistent dans la région métropolitaine. Elle estime que « la police n'est pas intervenue lors d'un certain nombre d'affrontements récents entre groupes criminels à Port-au-Prince qui ont fait au moins 50 morts, entraîné le déplacement de plus de 13 000 personnes » et aggravé un accès déjà très limité aux services de base. Ce qui aurait des conséquences humanitaires dans le pays.

« J'exhorte les autorités à prendre toutes les mesures possibles pour assurer la protection de tous les Haïtiens et s'attaquer aux causes profondes de la violence », avance-t-elle.  « Je condamne fermement les attaques violentes contre la Police nationale d'Haïti, avec la mort de 26 policiers depuis janvier. Dans ce contexte, je suis extrêmement préoccupée par le niveau élevé d'insécurité et les difficultés apparentes du gouvernement à lutter contre cette tendance », insiste Michelle Bachelet.

Le besoin fondamental des déplacés est de rentrer chez eux, selon le CARDH

Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), dans un rapport paru lundi 21 juin 2021, avance que du 1er au 15 juin, les affrontements dans la zone métropolitaine ont provoqué environ 10 000 déplacés. Près de 2 000 de Martissant, dont environ 1 500 au centre sportif de Carrefour (507 garçons, 582 filles, 426 mineurs, 50 nourrissons). Des centaines de déplacés de Chancrelles, de la gare routière des Gonaïves et du camp des sourds-muets de l’ancienne piste de l’aviation civile (Delmas 2), pourchassés par des bandits, se sont réfugiés à Cité Militaire.

« Le besoin fondamental des déplacés est de rentrer chez eux. Entassés comme des sardines et vivant dans la promiscuité, les déplacés sont exposés à la Covid-19, dont les variants brésilien et anglais sont en pleine extension en Haïti (361 décès à aujourd’hui). Ils ont besoin d’une campagne de sensibilisation à la Covid-19 et de matériel de protection (cache-nez, hand sanitizer, eau, savon...) De concert avec les autorités locales et le système humanitaire, l’État doit travailler sur un plan à moyen pour y parvenir », a indiqué le CARDH.

Claude Joseph organise une rencontre sur la situation des déplacés de Martissant

Moins de 24 heures après que le président lui a demandé de « se pencher de toute urgence sur la question des milliers de personnes » déplacées pour fuir la violence des gangs à Martissant notamment, le Premier ministre a.i, le Dr Claude Joseph, a fait part, dans une note de presse, d’une rencontre entre les « représentants des secteurs concernés par la situation des personnes déplacées de Martissant ». Il s'agit pour le chef du gouvernement, poursuit la note, de « coordonner la prise en charge et l'accompagnement de ces compatriotes ».



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