26 ans pour la PNH : un jeune homme de Cité de Soleil met en valeur un inspecteur en graffiti à Tabarre

Au bout de trois jours (entre le 09 et le 12 juin), Alexandre Renel dit « 2 Son Haïti », a été remarqué au carrefour Fleuriot (commune de Tabarre), en train de faire le portrait, sur un mur, d’un agent de la Police nationale d’Haïti, Antoine Joachim, que des citoyens surnomment « kòmandan blokis », inspecteur divisionnaire rattaché à la Direction centrale de la police routière (DCPR/PNH). Il s’agit, selon le jeune artiste, d’une manière de rendre hommage à cette personnalité dont le courage et l’honnêteté ont marqué l’institution qui vient de célébrer son 26e anniversaire le 12 juin dernier.

Publié le 2021-06-14 | lenouvelliste.com

Alexandre Renel est un jeune artiste originaire du quartier de Brooklyn, commune de Cité Soleil, où se développe un climat de violence, de lutte entre groupes armés depuis des lustres. Avec ses pinceaux, le talentueux artiste, natif de la cité, a voulu immortaliser cet agent de plus d’une vingtaine d’années de carrière au sein de l’institution policière qui est confronté depuis quelque temps à des situations très complexes, notamment la lutte engagée contre la violence, l’insécurité et le kidnapping orchestrés par des individus armés qui imposent leur volonté dans les quartiers populaires et dans les rues de Port-au-Prince.

Son action a été applaudie par des riverains de la zone de Tabarre qui l’ont encouragé à continuer sur cette lancée. Pour le jeune peintre, il fallait montrer qu’au sein de cette PNH, pour le moins décriée ces derniers temps, il existe un ensemble de personnalités, des agents qui, en dépit des risques du métier, de la vulnérabilité de la profession, choisissent de faire leur travail humblement et convenablement, celui de servir et de protéger la nation dans la mesure du possible.

Pour l'artiste, son acte souligne l'expression d'une frustration par rapport aux préjugés, voire aux dénigrements sociaux portés spécialement contre les quartiers « défavorisés » comme Cité Soleil, Martissant, Bel-Air, Grand-Ravine, Village-de-Dieu entre autres. « Il y a beaucoup de jeunes avec beaucoup de talents dans ces quartiers marginalisés. Il y a d'honnêtes citoyens qui sont capables de réaliser de bonnes choses pour le bien-être de la société », confie le concerné.

L’an dernier, à l’occasion du 25e anniversaire de la Police National d'Haïti le 12 juin, une cellule familiale se nommant « Ministè fanmi Colin », issue de la cité, avait tenu à décerner une plaque Honneur et mérite, un prix d’excellence à ce même inspecteur, dont l’image avait tourné en boucle sur les réseaux sociaux en train de faciliter le passage aux citoyens, au moment où une forte pluie, s’abattant sur la commune, avait provoqué une paralysie de la circulation. Ancien membre des Forces armées d’Haïti (FAd’H), l’inspecteur, devenu une personnalité notoire, est dressé comme un modèle d’agent de l’ordre, un homme respectueux.



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