INSECURITÉ – GANGS ARMÉS

La CE-JILAP dénonce la violence et la guerre des gangs armés à Martissant, Cité Soleil et Bel-Air

Publié le 2021-06-11 | lenouvelliste.com

La liste des victimes de la violence dans le pays ne fait que s'allonger au jour le jour et plusieurs quartiers sont transformés en zone de guerre. Face à cette situation, la Commission épiscopale nationale Justice et Paix (CE-JILAP) a dénoncé, vendredi 11 juin, dans une note de presse, la montée en puissance des gangs armés qui « tuent et chassent de paisibles citoyens et citoyennes de leurs maisons » sous l'œil passif des autorités. 

« Des personnes humaines sont victimes de mort violente, d'autres sont blessées, d'autres toujours ne peuvent rentrer chez elles et doivent chercher un abri pour rester en route, parce que des gens armés les empêchent de voyager, de se rendre au travail ou dans leur foyer », a indiqué la Commission épiscopale Justice et Paix, qui publie régulièrement des observations sur la criminalité dans la zone métropolitaine. L'organisme de défense des droits humains rappelle qu'en raison de cette situation plus de quatre départements et la moitié du département de l'Ouest sont littéralement coupés du reste du pays par la « volonté criminelle de quelques chefs de gangs qui se font la guerre pour de l'argent mal séparé ».

La CE-JILAP, qui est dirigée par Jocelyne Colas Noël, estime qu'à part ces zones citées, d'autres lieux continuent de subir la violence comme les communes de Ganthier et de Croix-des-Bouquets, des quartiers comme Laboule 12 entre autres. « Malheureusement l'insécurité continue à gagner du terrain dans le pays avec toutes ses mauvaises conséquences pour le peuple haïtien. La violence ne mène nulle part sauf vers une violence toujours plus grande et la mort. La violence est en train de nous détruire, nos familles, la société et le pays », a déploré cette organisation de l'Église catholique en Haïti. 

Dans cet environnement macabre marqué par des tirs nourris et des affrontements sanglants entre gangs rivaux, la CE-JILAP questionne le rôle de la police qui a pour mission de protéger et de servir la population ainsi que celle de la justice qui doit faire triompher le droit. « Des gens prétendent diriger le pays; mais ils n'ont adressé même pas un petit mot de sympathie ou de condoléances à l'endroit des victimes ou leurs proches [...] Des actions déterminées et concrètes pour renverser cette situation qui est devenue trop grave restent en attente », peut-on lire dans cette note. 

Par ailleurs, la Commission épiscopale Justice et Paix a critiqué les autorités en place qui sont incapables, selon elle, de prendre leurs responsabilités afin d'agir dans l'intérêt de la population, surtout celui des plus pauvres. La CE-JILAP a insisté pour que les autorités créent les conditions devant permettre à ceux qui ont dû quitter leur demeure, parce qu'elles sont devenues des champs de bataille pour de gangs armés, de retourner chez eux et pour qu'ils trouvent le concours et l'aide nécessaires de l'État.



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