Covid-19 : de plus en plus de personnes se font tester

Ils sont plusieurs dizaines à fréquenter le centre de prélèvement du ministère de la Santé publique à Delmas 33. Contraints par leur emploi, ordonnés par un médecin ou à la suite d'un malaise, des gens de différentes couches sociales vont de plus en plus se faire tester dans un endroit où le maximum est fait pour éviter une contamination in situ. Toutefois, les résultats de ces tests PCR ne sont jamais prêts au temps imparti.

Publié le 2021-06-09 | lenouvelliste.com

« Dans combien de jours mon résultat sera prêt ? », c'est la question qui revient sans cesse auprès du personnel préposé à livrer les résultats, installé dans une pièce au fond du centre de prélèvement du MSPP situé à proximité du Laboratoire national (Delmas 33), après avoir subi le test Covid-19. « Nous ne savons pas encore. On vous appellera », répondent les infirmières, qui disent voir depuis deux semaines des dizaines de personnes au cours d'une journée venir se faire tester. 

À l'entrée de la structure métallique, d'une couleur terne et bien aérée, le port du masque et le lavage des mains avec du savon sont obligatoires. Si les quatre bancs, avec chacun une personne pour respecter la distanciation physique, sont remplis, les autres sont obligés de constituer une file à l'extérieur. Après avoir rempli deux formulaires, le premier avec des informations personnelles et le deuxième des données techniques, on attend d'être appelé pour le prélèvement. 

Portant un équipement de protection individuelle imperméable, de grosses lunettes, une infirmière procède au prélèvement nasopharyngé et change des gants avant d'appeler une autre personne. Si effectuer le test paraît assez simple, obtenir le résultat est une autre histoire. 

Certaines personnes testées positives obtiennent leur résultat après huit jours 

Jeudi dernier, un homme dans la trentaine est venu chercher son résultat. Après une petite recherche effectuée à partir de son numéro, l'infirmière a confirmé qu'il était prêt. Elle a farfouillé dans une grosse enveloppe jaune, trouvé le résultat et dit à l'homme qu'il est positif. De manière expéditive, elle lui procure deux conseils : « Allez voir votre médecin et après neuf jours vous devez faire tester tous les membres de votre famille.» 

Le monsieur saisit l'enveloppe, d'un pas décidé, laisse le bureau sans poser de question. En l'approchant, il nous a confié que le test a été effectué depuis neuf jours. « Pa okipe moun sa yo ! », a confié ce fonctionnaire public. Mais va-t-il suivre les instructions de l'infirmière ? « C'est mon travail qui a exigé de moi le test. Je vais voir mon médecin même si je me sens bien », a-t-il renchéri. Pour ce qui est des membres de sa famille avec qui il dit être en contact, pas sûr qu'il les encouragera à se faire tester. « On va prendre des précautions », a-t-il ajouté. 

Généralement, pour les cas positifs, ce mardi 8 juin, les infirmières mettent un point d'honneur à souligner à leur attention qu'ils doivent voir un médecin même s'ils se sentent bien et continuer à respecter les gestes barrières. « Autrefois on leur conseillait de prendre certains médicaments mais avec ces variants qui semblent plus agressifs, on leur demande de voir un médecin qui pourrait les prescrire les médicaments », a rapporté une infirmière, qui fait de la saisie de données sur ordinateur. 

« Huit jours ou plus pour un résultat »

La situation qui prévaut au centre de prélèvement du MSPP agace certains. Deux adolescents et un jeune homme qui voulaient obtenir les résultats après un test exigé par leur employeurs respectifs ont exprimé leur ras-le-bol après un temps d'attente jugé « insupportable ». « Sans résultat, je ne peux pas reprendre le travail. Les responsables ont cru à un abandon de poste de ma part », a grommelé l'un d'entre eux dans un accès de colère.

Dans le privé, à Grace Children's hospital par exemple, ce test est gratuit, le temps d'attente est pareil. « Tu obtiendras le résultat dans huit jours ou plus », a fait savoir une infirmière tout en insistant sur le mot malgré le fait qu'il n'y avait même pas 10 personnes en attente ce mardi 8 juin. Elle ne voulait pas nous expliquer pourquoi l'échéance de huit jours ou plus, mais au centre de prélèvement du MSPP, une infirmière nous a confié qu'une « machine du laboratoire utilisée pour les tests est tombée en panne ». C'est pourquoi depuis le 1er juin, les gens qui vont voyager ne sont plus autorisés à y faire le test car ils ne l'auront pas en 72 heures. De plus, la priorité est donnée à ceux qui veulent faire le test pour des raisons médicales. 



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