Livres en folie

‘’L’encre des aubes tardives’’ :  Une musique à entendre et une peinture à lire

Samuel Taillefer s’est taillé une place dans le champ poétique en Haiti.  Avec son titre ’L’encre des aubes tardives’’,  qui  a fraichement  eu sa naissance artistique en 2021 sous les presses de C3 Edtions, le poète a remporté haut la main le Prix Armarante 2019. A travers ce recueil de quarente poèmes, le lecteur rencontre le génie de cette plume qui fait entendre la musique par l’harmonie des vers et contempler le tableau geographique d’une Haiti souffrante.

Publié le 2021-06-10 | lenouvelliste.com

Par Walner OLIVIER

A l’instar du peintre qui utilise ses pinceaux en vue de communiquer à travers sa toile, le poète tient sa plume et crée son œuvre expressive comme signe symbolique pour  aller à la rencontre de l’autre. Par son verbe poétique, Sammuel Tailler laisse voir l’avenir d’un pays attaché à un fil d’arraigné. Certains fragments de ses textes forgés de son atelier poétique contient la voix tristement sombre d’une multitude d’innocents. À travers sa poétie,Taillefer permet d’observer la fragilité d’une capitale en détresse. La barde s’énonce ainsi : 

:

« J’ai encore égaré le matin / Il fait nuire noire sur Haiti /De derrière les barriccades enflammées/ /Il y a un enfant/ L’uniforme a moitié dechirée/Qui apprend de nous/

/Comment tuer l’avenir / Oubliez la crai blanche/  Le tableau noir/ Et la cravate du maître//Prenez une balle/ Un ciel de fumée/  Et l’arme a feu du parlementaire/ Écrivons la leçon du jour/ « Comment diriger sans amour/ »».(p.64)

/« Les rues de Port-au-Prince ne sont sûres/ Plus maintenant/  On y est Sali/ Que ce soit par la boue/ Que ce soit par son propre sang/ Ou par la folle folie des hommes/ On y est souillé

[…]« Les rues de Port-au-Prince ne sont sûres/ Certains y perdent la vie/ D’autres y perdent leur âme/ Tous, noud y perdons l’espoir/.»(p.60-61)

Les textes de Samuel Taillefersont conçus aussi comme une expression de sentiment d’amour, de sensualité. Il s’affirme dans certains poèmes comme sujet-poétique par l’entremise du ‘‘ ‘Je’’ énonciatif. Une marque de subjectivité, dirait le linguiste Emile Benveniste.Cette manifestation du poète peut être une mise en fonctionnement du langage individuel à un ‘‘Tu’’, et celle du monde à travers le langage.Dans ‘’Capital amour’’,‘’Don de soi,’’ le barde s’exprime en ces termes :

« Je ne sais t’aimer/  Je ne sais que les étreintes/ Les longs silences de la bouche/ Les long discours des yeux/ Qui s’émerveillent à nouveau/ À chaque aube nouvelle/ /Je ne sais pas les actes d’amour/ Les fleurs et les cadeaux/ Les bougies et les beaux vêtements.»(p.28)

«/Je n’ai pas de mots à l’heure d’aimer/ Je n’ai qu’un tambour au rythme inconscient/ Effrené, sans un désir pour le repos//Je n’ai pas de promesses/ Pas d’abstractions affublées de néants/ Corrompues par la seule existence/ Je n’ai que moi/ Alors je me donne entier/ Sachant que cela ne suffit pas toujours »(p.39)



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