Des nouvelles et des remarques

Publié le 2021-06-10 | lenouvelliste.com

Par Jean-Marie Beaudouin

Désinformation et intoxication contre le communisme

La théorie communiste est apparue vers la fin de la première moitié du 19e siècle, dont les pères spirituels ont pour nom Karl Marx (5 mai 1818 – 14 mars 1883) et Friedrich Engels (28 novembre 1820 – 5 août 1895). Elle se présente comme un compétiteur potentiel vis-à-vis du capitalisme qui domine la scène de l’époque. L’admiration et la fascination qu’elle suscite auprès du prolétariat finissent par l’imposer dans la société contemporaine. Elle s’est émancipée particulièrement dans le sillage du 20e siècle qui vit naître et se développer la plus grande révolution prolétarienne que la société humaine n’ait jamais connue auparavant. En l’occurrence la Russie soviétique, un territoire continental ayant abrité le plus grand État communiste des temps modernes (octobre 1917 – décembre 1991). Le XXe siècle porte donc le sceau du communisme à cause de tant d’épreuves qui y ont vu le jour.

Il faut aussi le souligner, cependant, la propagande anticommuniste a pris une telle ampleur dans la civilisation actuelle que le communisme lui-même apparaît comme une entité marginale. Cela n’est pas dû seulement à l’instrumentalisation médiatique, mais aussi des figures intellectuelles et politiques de l’autre bord y ont contribué. C’est ce que le présent article va tenter de démontrer. L’auteur espère que le lecteur universel appréciera.

D’abord, sous l’occupation impérialiste étasunienne de juillet 1915 à août 1934, Haïti renoue avec la tradition communiste après avoir pratiqué le communisme prolétarien sous l'administration de Dessalines (1er janvier 1804 – 17 octobre 1806). Jacques Roumain, le fondateur du Parti communiste haïtien – PCH, fut jeté en prison plusieurs fois sous le gouvernement du président Sténio Vincent (18 novembre 1930 – 15 mai 1941), dont voici le libellé du mandat de dépôt émis contre Karl Marx : « Le nommé Marx Karl, un chef-agitateur d’origine germanique que le Komintern a infiltré en Haïti afin d’ourdir avec le citoyen Roumain Jacques un complot contre la Sûreté de l’État. » Le président avait profité de l’opportunité pour mettre en veilleuse une liste de dix mots : « Capital, syndicat, cellule, parti, prolétariat, classe, communisme, ouvrier, grève, révolution. » Site : https://journals.openedition.org Revue : L’Homme. Dans un article qui s’intitule Jacques Roumain, ethnographe haïtien. Paru en 2005.

Remarques: Si l’ordonnance et la censure du président Vincent paraissent sortir de la tête d’un comique achevé, la population universitaire haïtienne les approuve, mais encore les abolit dans le lexique politique local. Pour elle, Jacques Roumain était tout, sauf communiste. Elle voit en lui un homme de science et de lettres, mais s’interdit de parler de son aspect politique. La bourgeoisie est tellement illettrée en ce qui concerne la théorie communiste que ses sottises n’atteignent même pas l’analphabète le plus éloigné du pays national. Elle exècre le communisme, mais sans en connaître le bien-fondé. Un minimum de connaissance du sujet est nécessaire pour que la critique elle-même ait une valeur de critique. Ce qui nous semble être un principe de base dans une démarche intellectuelle et éthique.

Conséquences de la guerre civile russe - Après la défaite des Blancs contre les Rouges, c’est-à-dire la guerre civile russe (1917 – 1921), la ligue occidentale anticommuniste s’est formée. Articles de journaux, pamphlets, livres à contenus émotionnels, médias, critiques sévères et autres supports intellectuels constituent la grande batterie de propagande en vue de la guerre psychologique contre le communisme; mais qui en préparent la guerre réelle.

Adolf Hitler est arrivé au pouvoir en Allemagne (janvier 1933) grâce aux concours intéressés de la Ligue qui approuva sa politique d’agression et de conquête territoriale à l’est de l’Europe. En deux temps trois mouvements, la guerre est aux portes de Moscou, le 22 juin 1941. À cette occasion, l’aile chauvine de la droite américaine avait émis une note canonique déterminant la position de l’Amérique par la voix du célèbre aviateur américain Charles Lindbergh, général de l’armée de l’air : « Je préfère cent fois être alliée avec l’Angleterre ou même avec l’Allemagne, malgré tous ses défauts, qu’avec la cruauté, l’athéisme et la barbarie de l’Union soviétique. » Sénateur et futur président des États-Unis, Harry Truman eut à déclarer à son tour:  « Si nous voyons que l’Allemagne gagne, nous devons aider la Russie ; mais si c’est la Russie qui gagne, nous devons aider l’Allemagne, afin qu’ils s’entre-tuent au maximum. » Site : https://www.monde-diplomatique.frTexte : L’Europe doit sa liberté aux États-Unis. Paru en 2012.

Cette lourde déclaration traduit sans fard ni artifice le cynisme de son auteur. En effet, le président Harry Truman fut le seul homme d’État à avoir fait usage de l’arme nucléaire lorsqu’il autorisa l’aviation américaine à larguer deux bombes atomiques sur le Japon entre 6 et 9 août 1945, pourtant jusque-là dans une guerre conventionnelle. Le Japon fut occupé par l’armée étasunienne de septembre 1945 à avril 1952. Si l’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) fut une action de guerre imprudente de l’Axe Rome-Berlin-Tokyo (établi:novembre 1936), elle hâta l’entrée en guerre des États-Unis qui jusque-là se renfermaient dans leur isolationnisme habituel. Mais encore elle venait renforcer la prédiction du président américain Theodore Roosevelt qui lâcha en 1904: « L’avenir des États-Unis se situe sans doute du côté du Pacifique. » Autrement dit, l’attaque japonaise sur la mer d’Hawaï avait pour conséquence d’assurer l’hégémonie américaine dans la zone Asie-Pacifique en brûlant la politesse à l’Europe dominante qui se trouvait alors dans la plus grande tourmente de son histoire. Sauf que le destin de la Chine communiste est entre ses mains.

Remarques : L’évènement auquel l’Occident capitaliste s’attendait n’est pas survenu. La guerre fut gagnée par la Russie soviétique après la capitulation totale des troupes allemandes au rang desquelles le maréchal Friedrich Paulus (23 septembre 1890 – 1er février 1957), lequel signa l’acte de reddition le 31 janvier 1943, à Stalingrad, lieu de la grande bataille qui marqua le tournant de la guerre elle-même. Ensuite, l’armée rouge marcha sur l’Allemagne en passant par la bataille de Berlin du 14 avril au 8 mai 1945. L’acte de reddition sans condition fut signé entre le maréchal allemand Wilhelm Keitel et le maréchal soviétique Gueorgui Joukov, le 9 mai 1945 à Berlin-Est.

Mais que disent les idées reçues et la propagande anticommuniste ? Réponse : Victoire des alliés, dit-on. De quels alliés parlent-ils ? Réponse : les démocraties occidentales inféodées à l’intérieur de l’Axe fasciste, qui, à l’unisson, se mettaient en marche contre l’Union soviétique qu'ils haïssent et détestent. Et pourquoi une telle aversion, une telle détestation ? Réponse : Parce que l’État communiste et ouvrier, qui s’est librement formé en Russie post-tzariste, met en scène le prolétariat qui prend le contrôle de la production et devient du coup la nouvelle classe dominante. Y cesse l’économie de marché qui entraine distorsion de la concurrence, rétention et privilège, inflation continue et durable, spéculation boursière, baisse des salaires et chômage. Finie également l’exploitation des multinationales capitalistes qui pillaient les matières premières avant la Révolution. S’ouvre une nouvelle ère de démocratie qui répond aux nouvelles valeurs qu’apporte le communisme prolétarien, telles que la solidarité, l’égalité humaine, etc. Que le capital soit au service du genre humain, mais non le contraire.Que la religion reste circonscrite dans ses pratiques et croyances. Et qu’elle cesse d’être un instrument politique entre les mains des classes capitalistes.

L’énergie atomique et ses problèmes complexes – Le nucléaire civil et le nucléaire militaire ne sont pas si différents comme on laisse croire. La différence se situe entre le pouvoir de décider – arme nucléaire et les accidents qui échappent au contrôle des ingénieurs et techniciens – nucléaire civil. La fissure du réacteur d’une centrale et le lâchage d’une bombe nucléaire provoquent indifféremment des matières radioactives qui affectent l’environnement et la santé de la population. Autrement dit, l’usage de la bombe atomique et l’accident nucléaire engendrent des conséquences sociales sanitaires et réagissent négativement sur l’écosystème, dont la durée reste pour l’heure indéterminée.

Les États-Unis d’Amérique, chef de file du capitalisme mondial et commandant en chef de la société occidentale, semblent avoir commencé la série des accidents nucléaires: avec l’accident survenu sur le site de la centrale nucléaire de Three Mile Islanden Pennsylvanie, le 28 mars 1979. Cet accident est classé au niveau 5 sur l’échelle internationale – INES. Sept ans plus tard, l’Union soviétique enregistre l’accident de Tchernobyl le 26 avril 1986, en Ukraine alors une République soviétique de l’Union. Cet accident est classé au niveau 7 sur l’échelle INES: International Nuclear Event Scale, une création de l’Agence internationale de l’énergie atomique – AIEA. Si les deux accidents n’ont pas fait le même nombre de victimes, les dégâts environnementaux sont dans la même proportion. La pollution de l’air par l’échappement des matières était inévitable dans les deux cas. Y compris des accidents survenus en France et au Japon. L’accident de Fukushima (11 mars 2011) est peut-être la principale catastrophe nucléaire de l’histoire.

Remarques : L’espèce humaine n’est pas parfaite, mais elle aspire à la perfection, fût-ce une perspective dans la durée. L’énergie atomique est jeune dans l’histoire; elle est une réalisation à mettre dans la catégorie des fleurons qui marquent la modernité triomphante. Elle a ses actifs et ses passifs, comme l’énergie fossile dont l’utilité n’est plus à démontrer. Le genre humain, à qui la science doit sa souveraineté dans un monde en progrès constant, est parfaitement conscient de ses faiblesses et de ses lacunes. Il n’écarte pas la possibilité de voir ses aéronefs tomber du ciel, qui s’abiment souvent dans les eaux salées, dont les passagers y gisent sans vie.

Pourtant les matériaux avec lesquels ils [avions] sont construits sont scientifiquement et techniquement performants et proviennent du dernier fleuron. En témoignent les principaux avionneurs Boeing et Airbus, dont la performance professionnelle reste indéniable. Mais un matériel défectueux qu'une erreur humaine peuvent entrainer une catastrophe à laquelle les constructeurs ne s’attendaient pas. Tout ce que l’intelligence humaine peut y faire, est de diminuer autant que possible la fréquence des problèmes ou des cas accidentels. Mais s’agissant d’un accident survenu dans un pays où l’État est gouverné par des communistes, il fallait que la presse capitaliste batte la grosse caisse pour stigmatiser et démoniser des dirigeants prolétariens. Des critiques particulièrement caricaturales et passablement théâtrales, qui ont pour objet de polluer cruellement l’opinion publique à l’interne et à l’externe.

Pour clore ce débat intéressant qu'il souhaite ouvrir dans l’environnement intellectuel haïtien : votre fidèle serviteur voudrait lire un roman politique dans lequel le capitalisme et le communisme se disputeraient l’espérance de vie de l’ensemble des populations, que la nature leur confère le pouvoir d’en diriger les destinées.

Jean-Marie Beaudouin

Juin 2021;coifopcha@yahoo.fr

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