Vers l’implémentation de la loi sur la validation des acquis de l’expérience professionnelle

On ne compte plus le nombre de personnes partout en Haïti exerçant des métiers dans différents domaines, sans qu’elles aient, néanmoins, fréquenté une école classique ou une institution de formation professionnelle. Ce sont des gens qui, au fil des années, ont appris à exercer leurs métiers sur le tas et qui sont parvenus à imposer un certain savoir et savoir-faire. « Ces personnes, selon la loi portant reconnaissance et validation des acquis de l’expérience professionnelle (RVAEP), pourront effectuer une demande suivant un ensemble de critères afin de se faire encadrer, reconnaitre et valoriser », explique la secrétaire d’État à la Formation, Maguy Durcé, qui annonce la création de la Commission nationale de développement de la validation des acquis de l’expérience professionnelle dont le lancement est prévu le 9 juin prochain. Une grande étape dans l'implémentation de cette loi.

Publié le 2021-05-27 | lenouvelliste.com

Selon cette loi promulguée au journal officiel « Le Moniteur » depuis le 25 janvier 2019, cette commission devra entre autres faciliter la coordination et l’harmonisation des actions du gouvernement en matière de validation des acquis de l’expérience professionnelle (VAEP) ; les actions visant à rendre visible et compréhensible le dispositif de la validation des acquis de l’expérience professionnelle ; la mutualisation des moyens mis à disposition, notamment en proposant un schéma d’organisation pour les filières de formation susceptibles d’être ouvertes à la VAEP ; l’amélioration des méthodes d’orientation, d’accompagnement et de validation ; la coordination des services statistiques et d’observation de la validation des acquis de l’expériences professionnelle et la mobilisation des entreprises, des associations patronales, des institutions de formation, des organismes publics, des institutions privées et des partenaires nationaux et internationaux autour du dispositif de la validation des acquis de l’expérience professionnelle.


C’est le bureau du secrétaire d’État à la Formation qui est notamment chargé de mettre en œuvre cette loi, en établissant cette commission qui sera composée de représentants des ministères, des universités, du secteur privé des affaires (notamment du corps des métiers, de la chambre de commerce et des industries, l’Association des industries haïtiennes, ect.)

« De nombreuses personnes travaillant dans des entreprises n’ont pas eu la chance de se certifier, ou avoir une promotion. Il y en a qui ont commencé un cursus, une formation, et n’ont pas pu continuer pour aller s’occuper de leur famille, mais qui continuent de travailler. Cette loi joue en leur faveur. Elle vient rendre justice à ces personnes. Elles pourront se présenter et solliciter une certification au niveau de la commission, en fonction d’un ensemble de critères définis par la loi », soutient Maguy Durcé, soulignant que l'État compte développer des mécanismes pour encourager, organiser des formations en cours d’emploi afin de favoriser le développement économique et social  des salariés et des entreprises. Ce qui va permettre, selon elle, aux entreprises de disposer de meilleures ressources humaines.

Selon cette loi, toutes activités professionnelles exercées par un salarié dans une organisation non gouvernementale (ONG) légalement reconnue de façon continue ou non, pendant une durée totale cumulée de six ans au moins et en rapport avec la certification professionnelle visée, peuvent faciliter cette demande de reconnaissance et de validation des acquis de l’expérience. C’est également le cas pour les activités professionnelles exercées par une personne physique travaillant à son compte de façon continue ou non, pendant une durée totale cumulée de huit ans au moins et en rapport avec la certification professionnelle visée.

Les activités professionnelles exercées par une personne physique travaillant dans le secteur informel, pendant une durée totale cumulée de huit ans au moins et en rapport avec la certification professionnelle visée. Il aura suffi pour la personne d’apporter toutes les preuves justifiant ses expériences professionnelles et de suivre les procédures établies par la loi. Les activités professionnelles exercées par une personne physique travaillant à son compte de façon continue ou non, pendant une durée totale cumulée de sept ans au moins et en rapport avec la certification professionnelle visée sont également prises en compte par cette loi, spécifiant, néanmoins, que ces personnes-là doivent être en règle avec le fisc et jouir de leurs droits civils.

En fait, cette loi cherche la valorisation des compétences professionnelles acquises dans les entreprises. Elle constitue une nouvelle voie d’accès à la certification en dehors du système de formation initiale. Elle facilite la mobilité inter et intra-entreprises, tout en encourageant l’accès ou le retour sur le marché du travail d’un ensemble de personnes, soutenant la formation, le perfectionnement, le recyclage et la mobilité professionnelle pour améliorer la compétitivité des entreprises. Il convient de noter que ladite loi concerne des personnes travaillant dans les institutions publiques, les entreprises privées, ainsi que des personnes travaillant à leur compte.



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