Haïti/Droits humains

Ensemble : Résister, Soutenir, Guérir

Publié le 2021-05-25 | lenouvelliste.com

Conférences sur la sexualité et la santé mentale, présentations sur les droits humains et les droits sexuels, partage d’expériences entre des associations de LGBTIQ, animations culturelles…La Fondation SEROvie a marqué la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai 2021.

Ces activités qui se sont déroulées à Pétion-ville (Ouest) et aux Cayes (Sud), répondent à l’objectif principal de l’IDAHOT (International Day Against Homophobia and Transphobia) de mobiliser tous les secteurs de la société civile afin d’approfondir les réflexions sur la situation des droits humains, les stéréotypes, les préjugés et les discriminations de toutes sortes. Les associations de LGBTIQ de partout doivent se mettre d’accord sur des stratégies communesafin de mieux défendre leurs droits.

Lundi 17 mai 2021, en lançant l’évènement du jour, le Directeur de la Fondation SEROvie, Réginald Dupont, a précisé que cette énième commémoration s’inscrit dans le cadre des efforts de sensibilisation et de conscientisation des communautés au sein desquelles évoluent les individus LGBTIQ. Reprenant le thème de l’IDAHOT de cette année ‘’Ensemble : Résister, Soutenir, Guérir’’, Monsieur Dupont a fait comprendre que «seule une solidarité manifeste peut permettre à la société civile haïtienne de résister et de continuer à offrir les services de santé, de protection et de prévention de la violence».

Les présentations des panelistes du jour, ou encore les déclarations faites par des responsables du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS-MSPP) sur les droits humains, la discrimination et la stigmatisation, ont suscité diverses réactions. «Malgré les nombreuses séances de formation sur les droits humains au profit des agents de la Police Nationale d’Haïti, les homosexuels continuent d’être discriminés, voire même brutalisés, dans certains commissariats», a déploré un membre d’une association de LGBTIQ. En réaction, l’un des quatre policiers qui participaient aux activités de la Fondation SEROvie, a fait savoir qu’il n’a aucun problème d’acceptation, et qu’il traite tout le monde avec égard et respect avant d’ajouter : «les LGBTIQ sont victimes d’actes discriminatoires un peu partout dans le pays. Il faut plutôt attaquer à la base, de parle système éducatif en inculquant aux enfants et aux jeunes les valeurs comme le respect et la tolérance». Denis, un jeune homosexuel, témoigne qu’il n’a jamais été victime d’agressions verbales et physiques en raison, dit-il, de son éducation. Il encourage en ce sens les LGBTIQ à se former,afinde pouvoir se représenter dignement dans la société.

Des échanges aussi intenses à l’hôtel Le Manguier (aux Cayes) qui accueillait desmembres de huit organisations de la société civile venant de la Grand-Anse, des Nippes, du Sud-Est et du Sud, militant pour le respect des droits humains en général, et ceux des LGBTQIQ en particulier. En présence de deux représentants de l’Office de Protection du Citoyen (OPC), les participants se devaient notamment de réfléchir sur la rédaction d’une position commune sur la situation des minorités sexuelles de la péninsule du Sud, et de définir des stratégies communes de résistance.

« Il est venu le temps de se regarder en face et de voir quelles sont nos forces et nos faiblesses », a lancé Janvier Sandra, vice-présidente de l’Association MarasaRak (AMRA) de Jacmel. Elle reconnait que le manque de moyen financier est un grand handicap, mais, soutient-elle, « lorsqu’il est question de vie et de dignité, la volonté et la créativité doivent pallier aux problèmes financiers (...)». Un membre du Staff Ecolo-Jeune (SEJH), association ne faisant pas partie de la communauté LGBTIQ, a applaudi l’initiative qui, selon lui, peut favoriser le dialogue inter-haïtien sur des problèmes affectant la société dans son ensemble. 

La situation de la communauté des LGBTIQpréoccupe au plus haut point les responsables de l’OPC dans le département du Sud, et promettent l’entière coopération de leur institution pour contribuer au respect des droits de tous les citoyens, sans distinction aucune.

A Port-au-Prince, comme aux Cayes, les activités de réflexions et de plaidoyer devant marquer la journée Internationale contre l’homophobie et la transphobie ont été clôturées par des animations culturelles avec la participation d’artistes chanteurs très connusde la place et les femmes de la troupe Vodoula.    

Encadré

Le 17 mai 1990 l’OMS décide de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale, cet événement marque une étape importante vers le respect de la dignité humaine. En 2005, soit 15 ans plus tard, après maintes réflexions et actions de plaidoyer pour la reconnaissance des Droits des LGBTIQ parmi les Droits Humains, le jour du 17 mai devient une date symbolique pour la commémoration de  la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, mieux connue sous l’appellation IDAHOT en fonction de sa traduction anglaise, «International Day Against Homophobia and Transphobia». Cette journée est aujourd’hui célébrée dans plus de 60 pays à travers le monde.

Cossy Roosevelt
Auteur


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