18 mai 2021: Message du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, professeur Pierre Josué Agénor CADET

Publié le 2021-05-20 | lenouvelliste.com

Histoire, comme un moment fort de construction et d’expression d’un vouloir vivre ensemble, d’une volonté de surmonter ensemble les défis de toutes sortes qui ont jalonné le parcours historique de notre peuple. C'est un acte fondateur, révélateur de nos capacités à transcender nos querelles de chapelle, nos divergences et nos contradictions.

Haïti, le 18 mai 1803, a montré aux autres peuples le chemin de l’entente, de l’entraide, de la cohésion, du dépassement de soi et la volonté de construire ensemble une société plus juste, solidaire et résolument tournée vers le développement pour l’émancipation de toutes et de tous !

Aujourd’hui, plus que hier, face à un monde instable et imprévisible, les problèmes socioéconomiques et politiques ainsi que ceux sanitaires liés au COVID-19, sans compter la problématique des aléas sismiques et climatiques, il est impératif que le drapeau national puisse nous inspirer vers cette recherche du bien commun, en vue d’affronter les défis de l’heure.

Seul ce sursaut national et une vision commune pour le renouveau du pays peuvent nous aider dans la réussite de nos projets. Il ne peut y avoir de sauvetage individuel ou de petits groupes, car la dimension de la crise actuelle exige un coumbite collectif pour réussir. Les clivages, les antagonismes sociopolitiques et économiques menacent les fondements même de la nation. Nos enfants nous regardent et nous attendent. Leur avenir en dépend.

Répondant à une question sur l'utilité de l'histoire, Heidegger affirmait : « Le passé ne peut être connu que si, de quelque façon, il se trouve mis en relation avec notre existence.» Comment pouvons-nous puiser dans l'événement historique du 18 mai 1803 pour adresser les défis d'aujourd'hui ?

S’il est vrai que nos turpitudes, nos turbulences historiques récurrentes créent les facteurs de blocage et de décollage de notre peuple, il est tout aussi vrai qu’il nous revient le devoir, la responsabilité d’inventer les conditions de notre progrès social, économique et politique en nous inspirant du symbolisme ardent et puissant du 18 mai 1803.

Et c’est là que prennent toute l’importance et la place de l’école haïtienne qui doit contribuer à cette démarche. L’école doit, en effet, aider à déconstruire des stéréotypes, des clichés, des paradigmes de notre histoire-mémoire. La nouvelle école haïtienne à laquelle nous œuvrons résolument doit porter les valeurs et les conditions de libération et de développement de l’homme haïtien dans un contexte mondialisé porteur de contraintes et de défis de toutes sortes.

Le gouvernement de la République s’attelle et s’attèle encore à redresser un système éducatif marqué, depuis des lustres, par de multiples situations d’inertie, de nœuds qui en paralysent la normalité, le fonctionnement régulier, le travail productif de nos enseignants et enseignantes qui font un travail exigeant, difficile, dans un environnement pour le moins précaire et en constante dégradation.

Les leçons du 18 mai sont là pour nous montrer la nécessité de dépasser nos rancœurs, nos peurs, nos petitesses, nos limites et de penser Haïti à travers une vision de grandeur, d’organisation, d’inclusion où ne dominent que notre amour de l’intérêt permanent du pays, notre rêve du bien-être de chaque Haïtien et du progrès socioéconomique et politique d’Haïti.

Rèv sa a posib, si nou fè yon sèl, si youn mete ak lòt, si youn konprann lòt, si nou tout mete tèt nou ansanm, pou n fè yon gran konbit pou peyi a vanse pi devan ak tout konesans nou genyen. Konsa, Ayiti ka reprann flanbo a e tounen yon limyè pou lòt pèp yo tankou sa te ye nan komansman 19e syèk la. Nous devons recouvrer notre volonté de vivre ensemble en nous remettant au travail et en donnant aux jeunes des modèles sûrs pour une Haïti nouvelle, prospère et moderne, débarrassée de l’analphabétisme.

Jeunesse universitaire,

Le 18 mai, c’est aussi la fête de l’Université. Vous avez un rôle important à jouer dans la refondation de la nation. Vous devez vous impliquer davantage dans les activités communautaires et civiques pour redonner vie à vos quartiers, votre ville, votre région, votre pays et devenir ainsi les garants du développement et du processus de démocratisation du pays. Comme l’a si bien souligné Dantès Bellegarde dans son argumentaire pour que la fête du Drapeau soit aussi devenue la fête de l’Université, «vous êtes la gardienne du drapeau, celle qui doit maintenir le flambeau patriotique et guider les jeunes du niveau primaire et secondaire». Alors, soyez à la hauteur de votre mission!

Il est grand temps, dans un élan de patriotisme, d'unité nationale, de cohésion sociale et de justice sociale, de nous projeter dans l'avenir! Pensons aujourd'hui aux générations futures comme nos pères fondateurs l'avaient fait en 1803 particulièrement ! Montrons-nous capables de perpétuer ce symbolisme!

Bonne fête du Drapeau ! Vive l’Université ! Vive la jeunesse haïtienne !

Pierre Josué Agénor CADET

Ministre

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