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La « Classe charge virale», une initiative pour promouvoir l’adhérence

Publié le 2021-05-20 | lenouvelliste.com

«Vu l’importance des ARV (Antirétroviraux) pour ma santé, je les prends parfois avec un sachet d’eau ou du jus» ; «de l’eau sucrée ou de l’eau avec un peu de sel m’aide à prendre ces médicaments» ; «moi, je fais fondre les ARV dans de l’eau pour ensuite boire la solution»… Ce sont, entre autres,  certains des témoignages recueillis auprès des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) lors de la  cérémonie de clôture d’une «Classe charge virale» organisée à l’hôpital de Fermathe, le vendredi 30 avril 2021.

Après six mois sous traitement antirétroviral (TAR), 15 PVVIH sur les 17 composant l’effectif d’une «classe charge virale», encadrée par l’hôpital de Fermathe, sont devenus indétectables et, donc, intransmissibles.

Dans un passé récent, certaines d’entre elles ont fait preuve de négligence dans la prise des médicaments, provoquant ainsi une augmentation considérable du taux de virus dans leur sang. Grâce à la vigilance de l’équipe responsable des suivis médicaux, et surtout aux séances de formation et de sensibilisation, ces PVVIH ont compris non seulement la nécessité de respecter le protocole standardisé de prise des ARV, mais aussi et surtout de sensibiliser d’autres patients à suivre leur exemple pour devenir indétectables. Les antirétroviraux, mis à la disposition des PVVIH de nos jours, sont très peu toxiques. Par conséquent, ils peuvent être pris à jeun, rassurent des spécialistes.

Pour récompenser leurs efforts et les encourager à continuer sur la même lancée, cette fête a été donc organisée en leur honneur. Il s’agissait aussi de clôturer en beauté les six mois d’activités d’une classe très dynamique dont les membres vont intégrer le groupe de support de l’hôpital qui espère consolider ses résultats dans la lutte contre le sida.

Lors de cette cérémonie, des PVVIH, impliqués dans les efforts de sensibilisation à un niveau plus avancé, sont intervenus pour souligner l’importance de cette initiative qui vise, d’une part, à encourager les PVVIH à prendre régulièrement leurs médicaments et, d’autre part, à sensibiliser les patients perdus de vue (PDV) à renouer avec cette bonne pratique pour leur survie, estiment-ils.

«Comme vous, nous avons suivi cette classe charge virale pour intégrer subséquemment le groupe de support et allons faire de notre mieux pour encadrer les PVVIH qui éprouvent certaines difficultés à suivre le protocole de traitement  des ARV», a déclaré un membre du groupe de support. Du coup, les deux PVVIH de la classe sortante, dont les résultats de test de charge virale révèlent un taux de virus détectable, doivent redoubler d’effort afin d’atteindre et maintenir une charge virale indétectable.

Une équipe de l’Institut Panos, dirigée par son coordonnateur M. Jean Claude Louis, a participé à cette cérémonie au cours de laquelle elle en a profité pour présenter la campagne E=E (Endetektab=Entransmisib) et diffuser un ensemble de spots audio et vidéo de sensibilisation touchant chacun une cible spécifique (PVVIH, jeunes, femmes enceintes, secteur religieux, etc.).

En outre, M. Louis a remis aux responsables du centre de santé des affiches d’information sur les ARV et d’autres thématiques relatives au VIH/SIDA.

La campagne E=E, conçue et mise en œuvre par l’Institut Panos sous la supervision du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) et financée par PEPFAR et USAID, se déroule actuellement dans quatre départements géographiques du pays (Ouest, Artibonite, Nord et Nord-Est). Toutefois, les différents matériels de sensibilisation, diffusés largement dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, permettent d’atteindre l’ensemble du pays.

Source : Institut Panos

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