POUR SECURISER LES FRONTIERES

Le système MIDAS installé à l’aéroport du Cap-Haïtien et à Ouanaminthe

La Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont organisé, mercredi 12 mai, une cérémonie d’inauguration de l'installation du Système d’information et d’analyse des données sur la migration (MIDAS) à l’aéroport international du Cap-Haïtien et au poste frontalier de Ouanaminthe. Pas moins 40 852 voyageurs, aux deux points frontaliers, ont déjà été enregistrés du 21 septembre 2020 au 30 avril 2021, a fait savoir l'OIM.

Publié le 2021-05-13 | lenouvelliste.com

À l’arrivée, de toutes les destinations possibles, un Haïtien ou un étranger doit présenter son passeport au guichet préposé à cet effet. Un inspecteur de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE) fait un scan rapide du document de voyage. Ainsi toutes les informations comme le nom, la nationalité, la date d’expiration du passeport, le visa ... s’affichent sur l’écran d’un ordinateur. Après une rapide vérification, la personne est prise en photo, une relevée des empreintes sur ses 10 doigts est effectuée. Si tout concorde, la personne est libre de s’en aller.

Emmanuel Charles, inspecteur au poste frontalier de Ouanaminthe, a confié qu’il lui arrivait d’enregistrer au moins 80 personnes au cours d’une journée. Alors qu’il nous explique le processus, les Haïtiens revenant de la République dominicaine affluent. Après avoir pris le passeport pour y apposer le sceau. « Enlève le masque et le casque (si la personne en porte) », ordonne-t-il d’une voix ferme. Un petit ajustement de la Webcam, la photo est prise. « Quatre doigts de la main gauche », braille-t-il derrière la vitre. Quand les gens n’entendent pas ou réagissent inversement à ses instructions, il lui arrive même de hurler avec empathie. « Quatre doigts de la main gauche. Quatre doigts de la main droite. Les deux pouces. C’est fini », répète inlassablement cet inspecteur dans la quarantaine.

Un clic sur la fenêtre « enregistrement », toutes les informations recueillies sur la personne sont transférées sur un serveur du bureau local de l’Immigration qui est relié aux autres MIDAS. Le tout sauvegardé sur un serveur logé au bureau central de la DIE, à Port-au-Prince, selon le directeur des services technologiques, Jean Osselin Lambert. Le Système d’information et d’analyse des données sur la migration (MIDAS) installé à l’aéroport international du Cap-Haïtien et au poste frontalier de la DIE à Ouanaminthe « permet de collecter, analyser, traiter et stocker les informations des voyageurs en temps réel. Les voyageurs entrant et quittant le territoire haïtien sont désormais contrôlés plus efficacement grâce, contribuant ainsi à accroître la sécurité aux frontières d’Haïti », a indiqué l’OIM.

Bien qu’elles soient en service depuis plusieurs mois, la cérémonie d’inauguration des deux installations s’est déroulée en présence de différentes personnalités, du directeur de la DIE, Joseph Cianciulli. Ce dernier a insisté sur le fait que « grâce au MIDAS le pays dispose d’équipement nécessaires au contrôle de ses frontières ». Ces équipements, a-t-il ajouté, permettront de combattre des crimes internationaux et de défendre le pays. « Bientôt le système MIDAS sera connecté au ‘’ border conrtol system’’ en exploitation à l’aéroport international Toussaint Louverture », a-t-il annoncé.  

Le responsable des affaires publiques de l’ambassade des États-Unis en Haïti, Alexander Daniels, du coordonnateur de l’AAN dans le Nord, Édouane Pierre et le chef de mission de l’OIM en Haïti, Giuseppe Loprete, étaient également présents. Les équipements tels que ordinateurs, scanners pour passeport, lecteur d'empreintes et webcam pour faciliter le passage des voyageurs grâce à la saisie automatique des informations biographiques et biométriques ont leur installation ont été en place dans le pays grâce au support du « bureau de la population, de la migration et des réfugiés » du département d'État américain qui a y contribué à hauteur de 13 millions de dollars américain.

« Le soutien de l’OIM dans l’installation du MIDAS au poste de frontière de Malpasse, de Ouanaminthe et de l’aéroport international du Cap-Haïtien n’est que le début de cet engagement », a garanti M. Loprete, qui a en vue de rendre possibles des installations du MIDAS à Anse-à-Pitres et à Belladère, deux derniers points frontaliers officiels terrestres. Parlant aux nom des États-Unis, Alexander Daniels a dit espérer que les avantages en termes de lutte contre la criminalité transnationale à tirer de ce système augmenteront pour Haïti.

Même s’ils ont été formés par des experts internationaux de l’OIM, inspecteurs et superviseurs de la DIE, tant au Cap-Haïtien qu'à Ouanaminthe ont évoqué quelques difficultés rencontrés lors de l’utilisation des équipements. Il arrive que l’ordinateur se bloque ou que le système se plante après plusieurs enregistrements successifs. Par conséquent, ils sont obligés d’enregistrer les voyageurs sur un registre manuel, la vieille méthode jugée inefficace pour la surveillance frontalière.



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