«  Tu ne peux pas être juge et président en même temps », répond Jovenel Moïse aux acteurs de la justice

Au cours de l’installation du Conseil national d’assistance légale, jeudi 6 mai 2021, le président de la République, Jovenel Moïse, a tenu à souligner à l’intention des acteurs du système judiciaire qu’ils n’ont pas le droit de participer à la politique active du pays. S’ils manifestent le désir de le faire, ils doivent avant tout démissionner, a indiqué M. Moïse.

Publié le 2021-05-06 | lenouvelliste.com

La froideur à peine voilée existant entre le président de la République Jovenel Moïse et des acteurs du système judiciaire persiste. Alors qu’un juge de la Cour de cassation, Joseph Mécène Jean-Louis, a été  désigné par l’opposition président provisoire de la République  face à l'actuel chef de l'État, Jovenel Moïse a profité d’une rencontre avec la presse pour dire aux acteurs du système judiciaire haïtien qu’ils n’ont pas le droit de s’immiscer dans la politique du pays. «  Selon la Constitution, les trois pouvoirs de l’Etat sont indépendants : l’exécutif, le législatif et le judiciaire", Ce qui veut dire qu’une personne qui  travaille dans le pouvoir judiciaire et qui manifeste le désir de faire de la politique ou pratiquer le métier de l’avocat  a un seul choix qui s’offre à elle, celui d’abandonner le système judiciaire  », a-t-il soutenu

 Après quoi, « si vous voulez devenir CASEC, député, sénateur ou président, vous allez vous lancer dans des campagnes pour sensibiliser les électeurs. C’est simple. C’est vous qui compliquez la situation. Tu ne peux pas être juge et président de la République à la fois. Si tu es juge, tu es juge, de même que moi, je ne peux pas être juge et président. Je ne peux être juge de la Cour de cassation et président en même temps. Cela veut dire qu’il y a un problème technique », a poursuivi M. Moïse

« Tu ne peux pas être à la fois juge et avocat. Si tu es juge, ton rôle sera de juger, si tu es avocat, ton rôle est de plaider pour les justiciables. C’est  l’un ou l'autre . «  J’en profite pour dire à mes frère et sœurs du pouvoir judiciaire qu’ils doivent se réveiller et enfin reconnaître que les affaires de la politique ne les concernent guère. Ils ne sont pas là pour discuter des affaires politiques mais de la justice », a fulminé l’occupant du palais national, qui souligne que le ministre de la Justice, membre du gouvernement est là pour établir la liaison entre les deux pouvoirs. Principe qu’il dit avoir respecté à la lettre.

En outre, M. Moïse encourage les acteurs du système judiciaire à résoudre leurs différends par le dialogue tout en attirant leur attention sur le fait que ce sont les plus pauvres qui en font les frais lorsqu’ils font la grève. La dernière en date, les magistrats l’avaient lancée  le 15 février dernier  pour exiger « la rétractation de l’arrêté pris en date du 8 février 2021 renvoyant à la retraite trois juges de la Cour de cassation en violation de la Constitution de la République et la loi de novembre 2007 portant statut de la magistrature ; la rétractation de l’arrêté pris en date du  11 février 2021 nommant irrégulièrement trois juges à la Cour de cassation et le retrait de la mesure de mise en disponibilité  arbitraire du greffier Christophe Lespérance ». Ce qui n’a pas encore été fait.

Les dirigeants des associations de magistrats, après que l'exécutif a réintégré le greffier Christophe Lespérance à son poste, ont annoncé, dans une note de presse, qu'elles vont observer une trêve à cette grève. Ce, après plus de deux mois de dysfonctionnement des cours et tribunaux du pays.

Germina Pierre Louis
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