Il est difficile de construire le capital humain en Haïti

Publié le 2021-04-19 | lenouvelliste.com

L’instabilité politique, les épisodes de fermeture des classes, le problème de revenu des enseignants qualifiés, de la nutrition dans les écoles sont autant d’indicateurs, toujours au rouge dans le pays, qui ne favorisent pas une éducation de qualité. Pour le professeur Jean Dorvil Etienne, il est difficile de construire le capital humain en Haïti.

 « Le pays produit des situations qui ne favorisent pas une éducation de qualité », a affirmé Jean Dorvil Etienne, économiste et statisticien qui participait à la 11e édition du Sommet international de la finance organisée par le Group croissance et la Banque de la République d’Haïti (BRH), ProFin, ProFit, Cedel les 13, 14 et 15 avril.

L'instabilité politique et l’insécurité grandissante ponctuée par le phénomène du kidnapping pèsent lourd sur le système éducatif haïtien. Selon l’économiste, de la même manière que la pandémie du coronavirus, elle décapitalise les écoles. Si l’insécurité occasionne de nombres incalculables de jours de classe perdue, le professeur Jean Dorvil Etienne a fait remarquer que le déficit de jours de classe influe sur le rendement de la qualité.

Intervenant sur le thème « Impacts des crises politique et sanitaire sur le système éducatif haïtien », le directeur de l’Ecole Sacré-Cœur du Cap-Haïtien insiste, en expliquant que l’éducation, c’est la base du renforcement du capital humain. Ce dernier est le facteur le plus important quand on parle de production, de productivité et de compétitivité au sein d’une institution ou d’un pays.

« Plus vous avez de stocks de capital humain important, plus le pays va avoir des influences sur le point international. Son produit intérieur brut (PIB), son per capita augmentera », a-t-il indiqué, affirmant que le capital humain joue le rôle de levier pour activer tout ce qui a rapport avec la croissance économique en vue d'arriver au développement économique.

Sans vouloir prêcher dans le désert, l’économiste a souligné l’importance d’investir davantage dans le système éducatif haïtien. « Plus on investit dans l’éducation, plus on aura de ressources humaines de qualité. Moins on investit dans l’éducation plus on sera à la traîne », a-t-il lancé, déplorant que le pays investit trop peu dans l’éducation, surtout dans l’éducation de qualité.

Les pays les plus compétitifs allouent une grande partie de leur budget national à l’éducation. On ne saurait parler de qualité, de productivité et de compétitivité sans investir massivement dans l’éducation », a affirmé Jean Dorvil Étienne, plaidant aussi pour la régularisation du système.



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