Kidnapping : l’hôpital Bernard Mevs garde ses portes fermées, les médecins de l'OFATMA dans les rues

Publié le 2021-04-13 | lenouvelliste.com

Les médecins de l’hôpital de l’OFATMA à Cité Militaire ont organisé, ce mardi, une marche sur la route de l’aéroport en signe de solidarité avec le Dr André Valembrun, qui a été kidnappé le samedi 10 avril à Delmas 75. Les médecins ont exigé la libération sans condition du chirurgien orthoptiste. Depuis lundi, ils observent un arrêt de travail jusqu’à la libération de leur directeur médical. Pour une deuxième journée consécutive, l’hôpital Bernard, quant à lui, garde ses portes fermées pour protester contre l’enlèvement suivi de séquestration du médecin.

Dans la foulée de la marche des médecins, les habitants de Village de Solidarité et de Cité Militaire ont gagné les rues, érigé des barricades de pneus enflammés pour dénoncer l’insécurité dans le pays. A l’aide de camions qu’ils ont placés en travers de la route, ils ont paralysé la circulation, menaçant d’intensifier le mouvement jusqu’à la libération du Dr Valembrun.

 « Nous sommes en train de suivre l’évolution de la situation. Si nos revendications ne sont pas satisfaites, nous prendrons d’autres décisions. Quelle que soit la décision qui va être prise, les urgences resteront ouvertes », a expliqué une source proche de l’hôpital, qui a fait savoir que l’hôpital Bernard Mevs gardera ses portes fermées le mercredi 14 avril.

Selon notre source, le Dr Valembrun André est l’un des plus grands chirurgiens orthopédistes qui travaillent en Haïti. Il professait en Afrique. Il a finalement pris la décision de rester en Haïti. Le Dr Valembrun est également directeur médical à l’hôpital de l'OFATMA de Port-au-Prince. « Le Dr Valembrun est véritablement une pièce maitresse pour nous, pour l’hôpital Bernard Mevs où l’on prêche la qualité des soins », a-t-elle indiqué, dénonçant le fait que les médecins sont devenus ces derniers jours la cible des kidnappeurs. Pourtant, souligne ladite source, les médecins de ce pays ne font que du social.

« Malgré notre dur labeur, le milieu médical se trouve encore une fois victime. Pourtant, nous ne tenons compte dans le cadre de notre travail, ni de classe ni de race », lit-on dans une note de la direction médicale de l’hôpital Bernard Mevs, signée du Dr Princia Goretty Boyer Jean-Baptiste, qui annonçait la fermeture de ses portes le lundi 12 avril 2021 pour les cas externes après la nouvelle consternante et accablante du kidnapping de notre confrère et collaborateur et ami le Dr André Valembrun.

De son côté, le Secteur santé haïtien (SESAH) s’est dit indigné et révolté face aux actes d’insécurité ponctués du phénomène du kidnapping qui sévit dans le pays. « Malgre tout nòt, mach, sitin, sanble sa pa ebranle otorite yo. Se atò moun kontinye ap viktim anba men bandi kriminèl sanfwa ni lwa k ap simen latwoublay ak kè sote nan peyi a », ont denoncé les Drs Jude Milcé, Bémaire Emmanuel, Odilet Lespérance et l’infirmière Clara Guillaume dans une note de protestation qui rappelle l'enlèvement d’une dizaine de personnes à Croix-des-Bouquets le dimanche 11 avril, dont quatre prêtres haïtiens et deux religieuses ainsi que deux Français originaires de l'Ouest de la France: une religieuse du département de la Mayenne, un prêtre de l'Ile-et-Vilaine qui vit en Haïti depuis plus de trente ans, trois membres de la famille d’un prêtre qui allait être installé comme curé d’une paroisse.

« Nou di ola! Se twòp atò! Aba kidnapin ! Aba ensekirite! Nou vle viv nan lapè ak sekirite nan peyi nou Ayiti ».



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