Un musée à Tabarre qui raconte notre passé de peuple

Depuis bientôt 17 ans, le Parc historique de la canne à sucre se donne un devoir de mémoire : conserver des fragments de notre passé. De cette terre baptisée « Bohio, kiskeya », en passant par la colonie espagnole et française, pour aboutir à la révolution des esclaves, le musée du parc nous invite à remonter le temps et à ressasser cette fierté de peuple ayant conquis sa liberté.

Publié le 2021-04-12 | lenouvelliste.com

En 2004, pour fêter le bicentenaire de notre indépendance nationale et du même coup honorer la mémoire de la jeune fille Françoise Canez Auguste, décédée d’une leucémie, les tenants du Parc historique de la canne à sucre en ont profité pour conserver et réhabiliter des ruines coloniales. Une initiative qui débouche sur un musée d’histoire érigé sur un site patrimonial. Lequel était la propriété de Chateaublond, pour ensuite être confié au général Lerebourg afin de récompenser ses prouesses à la guerre de l'Indépendance. C’est finalement la famille Auguste, du président Tancrède Auguste, qui met cette œuvre sur pied.

Au musée, le voyage commence à la salle caribéenne, à partir de la période appelée Age de la pierre. Les premiers peuples appelés « Saladoïdes » provenaient du Venezuela et de l’Amérique centrale. Ces derniers ont laissé leur place aux Taïnos. Les pyramides sociales des Taïnos et les caciquats – ceux qui ne sont pas présentés dans nos recueils d’histoire – sont exposés pour le plaisir des gens friands de détails. Des objets récupérés peuvent démontrer la différence entre les habitants qui ont peuplé l’île montagneuse avant l’arrivée des caravelles espagnoles en 1492. On y retrace aussi des expéditions espagnoles en 1492, 1493, 1498, 1502, entre autres.

Les faits sont aussi fracassants que la fascination que suscitent les modes de vie de ces peuples. En 1492, la population indienne était évaluée à environ 400 000, pour chuter à moins de 600 en 1550. On y découvre également l’histoire des habitations régies par le Code noir francais, un outil de répression. Si on liste des instruments de torture, on y reproduit ou on conserve quelques-uns. Comme la masse de fer que l’on attachait aux pieds des esclaves, dénommée poids 50. Dans le parler haïtien, on utilise ce terme pour désigner une charge difficile à soulever.

La salle des Héros commémore nos aïeux et aïeules qui ont bravé la mort pour vaincre la plus puissante armée de l’époque. Le musée conte également le passage du père de la nation sur le site où il y mena une bataille en juin 1803. Des boulets à canon ont été retrouvés. Un tunnel comme ceux que fabriquaient les esclaves dans les forts a été découvert. Deux cloches de l’époque coloniale et des armes sont conservées au Parc. Les écrits de Michèle Oriol ont permis de reproduire des fresques résumant les histoires. Sinon, des fiches complètent les faits qui sont survenus.

La période au cours de laquelle Haïti transportait la canne à sucre sur des trains est prise en compte. L'écrivain Clotaire Saint-Natus nous livre des détails en prose ou en vers. Une locomotive à vapeur, des moulins à traction animale, à eau, à vapeur et à diesel permettent de comprendre l’évolution de l’industrie sucrière de l’époque coloniale jusqu’au XXe siècle en Haïti. En outre, le musée offre d’autres attractions de l’époque contemporaine. Pour sa beauté et la verdure qui s'y trouve, on y profite pour prendre des captions et y organiser des événements.



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