Gonaïves: la justice fonctionne en « catimini » 

Depuis la recrudescence des actes de violences au centre-ville des Gonaïves, l’appareil judiciaire fonctionne au gré des militants armés. Les justiciables éprouvent d’énormes difficultés à jouir pleinement de leurs droits. Les professionnels du secteur ne sont pas non plus épargnés par l’impact néfaste de cette crise. Dans l’objectif de ne pas laisser la juridiction sombrer dans l’impunité, des voix s’élèvent. 

Publié le 2021-04-09 | lenouvelliste.com

Deux mois après l'incendie du palais de justice des Gonaïves, aucun travail de réhabilitation n'est entrepris dans les locaux de ce dernier. Ce bâtiment mythique érigé à la rue Lamartinière, à quelques mètres du commissariat de police, est abandonné par les membres de la basoche. Depuis plusieurs semaines, ils ont emménagé dans un local inapproprié, à l’avenue des Dattes, au nord de la ville. L’espace étant exigu, les sièges ne peuvent pas avoir lieu comme à l’accoutumée. Entre-temps, des prévenus croupissent à la prison de fortune de la juridiction. 

« Nous fonctionnons en catimini », a indiqué la doyenne du tribunal civil des Gonaïves, Me Fonie Charles Norgaisse dans une courte interview téléphonique. Selon le magistrat, vu que les conditions de travail ne sont pas réunies, la priorité est accordée aux affaires urgentes. L’interrogeant sur les démarches entreprises pour la régularisation de la situation, la juge a fait savoir qu’une visite d’évaluation a été effectuée sur le site par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). « Nous attendons la réparation de l’espace », a-t-elle soutenu d’une voix impuissante. 

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