Covid-19 : plaidoyer pour un système de santé résilient

En présence du chef du gouvernement, Joseph Jouthe, de la première dame, Martine Moïse et de partenaires internationaux, le Dr Jean Patrick Alfred, responsable de l’Unité d’étude et de programmation (UET) du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), a sonné l’alarme, plaidant pour un système de santé résilient, capable de faire face et de répondre aux différents problèmes de santé. « Nous devrions sortir de cette situation où l'on a un ministère de projet de santé pour évoluer vers un ministère de la Santé », a martelé le médecin à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé le 7 avril 2021.

Publié le 2021-04-08 | lenouvelliste.com

Si Haïti est jusqu’ici relativement épargnée par la pandémie de coronavirus, celle-ci a grandement démontré les faiblesses du système sanitaire. La Covid-19 a mis, en effet, le doigt sur la plaie. Le médecin souligne qu’Haïti est le pays qui investit le moins dans la santé de sa population dans la zone de l’Amérique. En comparaison à Cuba qui dépense 2 484 dollars américains par habitant, le pays n’investit que 83 dollars. Pour le médecin généraliste, les dirigeants doivent pouvoir surveiller l’évolution des inégalités en matière de santé et faire en sorte que tout le monde puisse bénéficier de services de santé de bonne qualité.

 « L’État doit prendre toutes les dispositions pour garantir la couverture universelle en santé. Il faut que l’offre de service soit améliorée, mais il faut aussi arriver à lutter contre les risques financiers, c’est-à-dire, qu’on doit assurer que les familles ne soient pas obligées de payer de leur poche, à des moments souvent imprévus et inopportuns, des sommes qu’elles ne sont pas en mesure de payer », a soutenu le Dr Alfred, plaidant en faveur de la promotion d’un système de santé national robuste et efficient qui intègre la prévention comme dimension intrinsèque.

Le directeur adjoint de l'Unité d’étude et de programmation a par ailleurs insisté sur la réorientation de l’aide internationale dans le domaine de la santé vers le renforcement d’un système de santé résilient. Ladite aide qui se fait de manière verticale, « crée une distorsion par rapport aux priorités du pays en matière de santé. » « On n’arrivera pas à une Haïti plus juste sans une puissance publique consciente de sa responsabilité et de sa force d’agir pour façonner le système de santé qu’on doit avoir », a-t-il indiqué.

Le Dr Jean Patrick Alfred estime que le moment est venu pour que le concept de santé globale soit transformé en un concept positif qui se met au service de la couverture universelle en santé. En effet, l’État doit s’assurer que l’ensemble de la population ait accès aux services préventifs, curatifs, palliatifs, de réadaptation et de promotion de la santé dont elle a besoin. Chaque Haïtien doit être en meilleure santé sans s’appauvrir. 



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