L’ENS attend encore son nouveau local provisoire, le Premier ministre Jouthe rassure les étudiants

L’Ecole normale supérieure (ENS), la plus grande institution publique formant, chaque année, de nouveaux cadres, des enseignants pour le système éducatif haïtien, n’est toujours pas en possession de son nouveau local provisoire, tel qu’il a été annoncé, depuis novembre 2020, par le Premier ministre Joseph Jouthe qui, accompagné des dirigeants de l’Université d’Etat d’Haïti et de l’ENS, s’était rendu sur les lieux à la fin du mois de novembre 2020 . Contacté par le journal, le chef du gouvernement assure que le dossier est en cours de finalisation. « Je connais leurs douleurs et leurs souffrances », fait-il savoir, s’agissant des étudiants qui continuent d’attendre, dans l’espoir d’une reprise normale des activités académiques et administratives à l’ENS.

Publié le 2021-04-08 | lenouvelliste.com

Depuis l’assassinat, en octobre 2020, de l’étudiant Grégory Saint Hilaire dans l’enceinte de l’Ecole normale supérieure, située à un jet de pierre du Palais national, les dirigeants ont cherché, par tous les moyens, à acquérir un nouveau local temporaire pour faciliter la poursuite des activités académiques et administratives. Interpellé par la question, le Premier ministre avait annoncé que son gouvernement négociait un nouveau local à Pacot, pour faciliter la reprise des activités. Lors de son annonce, Joseph Jouthe avait confié : « C’est la mort de Grégory Saint-Hilaire qui m'a ouvert les yeux, en tant que Premier ministre, sur la situation de l’Ecole normale supérieure.  Sincèrement, je n’avais pas imaginé que l’ENS était si mal logée ».

Seulement, quatre mois plus tard, les dirigeants et les étudiants de cette institution continuent d’attendre la concrétisation de cette promesse du chef du gouvernement.  Toutefois, dans une perspective de « sauver ce qui peut l’être », comme le souligne un dirigeant de l’ENS contacté par la rédaction, des salles de cours du programme de maîtrise de l’ENS, situé dans un autre local, accueillent seulement des étudiants du niveau préparatoire et ceux de la dernière année des études, afin qu'ils assistent à certains cours. « Nous ne sommes pas en mesure de recevoir les autres étudiants, n’ayant pas encore d’espace adéquat. Nous avons besoin de plus d’espace pour continuer de fonctionner. Nous ne pouvons pas dire que nous fonctionnons officiellement, puisque nous n’avons publié aucune note sur la question », a-t-il martelé, tout en souhaitant que « les autorités accordent un peu plus de priorité à l’éducation, pour éviter que le pays ne s’effondre dans les années à venir ».

Même si aucune précision n’a été donnée quant à la finalisation du processus des négociations qui doivent permettre à l’ENS de reprendre convenablement son fonctionnement, le Premier ministre entend réitérer son engagement à doter l’institution d’un nouveau local. « On est en train de finaliser l’achat d’un local. Le dossier est déjà chez le notaire. Je connais leurs douleurs et leurs souffrances », a-t-il déclaré, tout en annonçant qu’ils vont en profiter pour doter l’ENS d’un laboratoire informatique.

Le Premier ministre a en outre annoncé qu’il était en train de chercher à trouver un local pour mieux loger la Faculté de droit et des sciences économiques, également rescapée du 12 janvier 2020, à l’instar de certaines entités toujours en cours de reconstruction.

S’agissant du projet de reconstruction de l’Ecole normale supérieure, détruite par le séisme dévastateur du 12 janvier 2020, les dirigeants de l’ENS ne sont toujours pas en mesure de rassurer la communauté facultaire. Onze ans après la catastrophe, seulement un terrain a été acquis. Aucun chantier de construction n’a démarré. Le gouvernement japonais, qui s’est engagé dans le processus, se fait encore attendre. Jusqu’à l’assassinat de Grégory Saint-Hilaire, l’ENS accueillait son personnel, ses étudiants et professeurs dans des hangars (provisoires) qui ne pouvaient plus tenir.



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