Le rythme kata

Publié le 2021-04-07 | Le Nouvelliste

Cata ou katà. En Haïti, le cata a la forme d’une séquence rythmique de cinq battements qui accompagne la plupart des musiques populaires et vodouesques. Lorsqu’elle n’est pas accompagnement, la séquence devient elle-même un rythme, comme c’est le cas dans le rabòda-y*. À Porto Rico, on l’appelle cuà et est représentée comme suit : elle constitue le noyau rythmique central de la danse bomba. Dans les Antilles, le petit tambour conique sur lequel on joue la séquence des cinq battements s’appelle kata, nom d’origine africaine. Le kata constitue la cellule rythmique principale de la plupart des rythmes populaires des Antilles et des peuples originaires du Congo. Ainsi, tous les rythmes, soucousse, calypso, zouk, konpa, rara, rabòday, makossa franc, capoeira, merengué dominicain, guaguanco, biguine, candence antillaise, bouladjèl et bien d’autres encore sont tous dérivés du kata. La séquence des cinq battements inculque le mouvement et l’allure à la musique selon le tempo employé. Ces cinq frappements sont appelés cinquillo à Cuba. Ici le catà est une tumba en forme de tronc d’arbre évidé que l'on frappe avec des baguettes (palos ou palitos) et qui correspond au "ti-bois" antillais. On peut entendre le son du cata dans le rythme yuka (d'origine congo) ou encore dans le yambu ou le guaguanco de la rumba. (http://www.azureva.com/gb/cuba/magazine/abcdaire_1.php3)

Le catà (ou kata) est un tambour fabriqué en creusant un tronc d'arbre sur lequel le catayé frappe avec deux bâtons. Avec l’évolution de la musique, l’instrument lui-même va subir des changements dans la forme, le son, le fond, le tempo et même dans son emploi au niveau musicologique. Comme instrument, le zouk antillais (groupe Kassav) utilisait un morceau de bambou placé en longueur sur un support de bois et sur lequel on frappe une ou deux baguettes de bois au rythme du kata. Dans la musique konpa haïtien, c’est sur la cymbale que se joue le kata.  Dans la musique de Nemours Jean-Baptiste (groupe Aux Calebasses), différents instruments servaient à jouer le cata, dont le graj (güiro, râpe) et le tcha tcha (maraca).

À l’origine, le katayé régulier exécutait le premier battement avec la main droite, puis avec la gauche et ainsi de suite, de manière continue : tòk * Ko tòk * Ko tòk *… Selon l’allure de la musique, les frappements peuvent se produire en deux combinaisons : 1) la combinaison kata est 1, 2, 2 – (1)tòk * (2)Ko tòk * (2)Ko tòk dans les musiques de tempo moyen ou rapide ; 2) la combinaison kata est 2, 2, 1 - (2)Ko tòk * (2)Ko tòk (1)tòk, qui se joue d’une seule main en général dans les méringues lentes et dans d’autres musiques lentes. Les cinquillos (cinq battements) constituent le fondement rythmique de la musique afro-américaine. Dans la musicologie haïtienne, le terme cata désigne différentes séquences de frappements de cinq battements (cinquillos). Chacune de ces séquences correspond soit à un rite* particulier ou à un groupe de rythmes folkloriques*.

Eddy Garnier Auteur

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