Le FDI a célébré son 40e anniversaire

Le Fonds de développement industriel (FDI) a célébré, le samedi 27 mars 2021, à l’hôtel Karibe, son 40e anniversaire de création en présence notamment de personnalités, de membres du secteur financier et de cadres de l’institution ayant honoré de leur présence cette commémoration qualifiée d’instant historique par le directeur général du FDI, Édouard Clément. Parmi les personnalités ayant pris part à cette célébration, figurent le directeur de cabinet du président de la République, Nahomme Dorvil, des membres du conseil d’administration de la BRH, dont le gouverneur adjoint, Georges Henry, le directeur général, Ronald Gabriel, Myrtho René et Edgard Jeudy.

Publié le 2021-04-06 | Le Nouvelliste

« Nous célébrons ce soir une aventure entamée il y a 4 décennies.  Le Fonds de développement industriel a été créé par le décret du 26 mars 1981 pour assurer la transformation économique du pays. Ce fut un début très modeste, avec 10 employés et un capital de 28.8 millions de gourdes. Mais en dépit de la faiblesse des ressources disponibles et des épineux défis à l’effort de développement qu’il a dû affronter, cet ambitieux projet est demeuré bien vivant car il y avait des hommes et des femmes de bonne volonté, résistants et déterminés à triompher de l’adversité », a relaté Édouard Clément dans ses propos de circonstance, avant de saluer l’esprit d’ouverture, d’échange d’expériences et de coopération qui, depuis toujours, anime l’équipe du FDI.

En guise d’entrée en matière, le directeur général du FDI a reconnu que « cet événement se déroule à un moment où le citoyen haïtien n'a jamais été aussi durement éprouvé et ne s’est senti si vulnérable ». « Pourtant, le besoin de se retrouver pour réfléchir ensemble sur les sujets qui nous préoccupent tous n'a jamais été aussi grand. C’est justement dans les moments les plus difficiles que nous devons apprendre à faire le plein de nos ressources en hommes de bonne volonté et en institutions encore debout pour reprendre confiance et redonner espoir à la jeunesse haïtienne », a poursuivi Édouard Clément, rendant ainsi hommage à 40 années de service, d’initiative et d’engagement continu des différentes personnalités – notamment de Marc Bazin, le premier directeur général du FDI, à son prédécesseur Edgard Jeudy, actuellement membre du conseil d’administration de la BRH – qui se sont succédé à la tête de l’institution, et des membres du personnel.

« En cet instant précis où le FDI vient de franchir la barre de 40 années d’existence, nous pouvons dire avec fierté que le Fonds a su rester une institution financière forte malgré la volatilité de l’environnement dans lequel il évolue », a déclaré le directeur général du FDI.   

Dans son discours au cours duquel il a relaté les rapports du FDI avec la BRH, le gouverneur adjoint, Georges Henry, a indiqué que le FDI, depuis 40 ans, s’est impliqué activement dans la relance de l’économie à travers des partenariats avec des institutions nationales et internationales en vue d’aider les entreprises à augmenter leur capacité de production. Dans ses propos de circonstance, le gouverneur adjoint a donc réitéré la volonté de la BRH de soutenir les efforts du FDI pour le meilleur usage possible des ressources dans l’intérêt du pays et de la population.

« Cette célébration n’est pas tant une festivité qu’une occasion solennelle de marquer une pause pour jeter un regard rétrospectif sur ce parcours de quarante ans et également nous tourner vers l’avenir pour scruter les défis que nous aurons encore à surmonter. À ce tournant de sa riche et longue histoire, le FDI doit, comme beaucoup d'autres, se remettre en cause et se moderniser sans cesse », a souligné le DG Clément avant d’évoquer le souvenir de Lhermite François, un directeur général qui, selon lui, a marqué l’institution.

L’actuelle direction générale a rendu un vibrant hommage à Lhermite François, qui a passé 9 ans à la tête du FDI, en attribuant à Carifresh, une entreprise évoluant dans la filière de la mangue (3e exportateur de mangue),  le « Prix Lhermite François » du meilleur client pour sa régularité dans le remboursement de ses prêts.

« Aujourd’hui plus qu’hier, au milieu de tous les débats controversés de politique économique, la question de l'investissement dans le secteur agricole semble s'imposer comme une priorité partagée qui nous invite tous à une réflexion novatrice pour repenser les schémas proposés depuis plus de deux siècles d’histoire », a noté Édouard Clément.

Citant des informations enregistrées dans la base de données du Bureau d’information du crédit (BIC), ce dernier a révélé que le secteur agricole a reçu en 2018 à peine 0.78% de l’encours de crédit total des institutions bancaires et financières. Alors que sur la même période, les statistiques bancaires produites par la BRH ont fait ressortir un engagement évalué à 636,4 millions de gourdes à l’endroit du secteur agricole. 

Les mesures prises par la BRH le 20 septembre 2018 dans le cadre de sa politique monétaire pour réduire le taux d’intérêt sur les prêts aux intervenants dans le secteur agricole ont levé un obstacle majeur à l’accès de ce secteur au crédit formel et commencent déjà à produire des résultats.

Dans l’intervalle, a fait savoir Édouard Clément, le portefeuille du FDI pour le secteur agriculture, qui était d’environ 1.5 milliard de gourdes au 30 septembre 2017, est passé à 2.6 milliards de gourdes en 2020, grâce notamment à la circulaire 113 de la BRH.

Par ailleurs, a poursuivi le DG Clément, le pouvoir central, à travers le ministère de l’Economie et des Finances, vient de lancer le Programme de garanties partielles du risque de crédit en faveur de l’agriculture et de l’exportation en vue de mitiger les risques de contrepartie liés aux opérations de crédit octroyés à ces secteurs conformément aux dispositions de la circulaire 113 de la BRH. Le MEF a prévu de mobiliser des ressources à hauteur de un milliard de gourdes pour la mise en place de ce programme.

« Associé à ces dispositions, un fonds d’investissement de 30 millions de dollars étalé sur une période de six ans est en cours de négociation avec la Banque mondiale », a dévoilé Édouard Clément, faisant remarquer que le récipiendaire du prix Lhermite François est un des bénéficiaires de ces différents programmes. « Une façon pour le FDI  de dire que, outre les recouvrements amiables ou forcés, il sait reconnaitre et récompenser ses fidèles clients », a relevé Édouard Clément.

L’autre temps fort de la soirée a été la déclinaison par le directeur des opérations du FDI des critères et conditions de participation au concours organisé en vue de sélectionner le meilleur projet qui sera soumis. Ouvert notamment aux étudiants, aux entreprises qui existent, ce concours récompensera le projet gagnant en lui accordant un montant assez substantiel comme fonds propre tout en fournissant un accompagnement au promoteur. Moyennant le promoteur de ce projet sélectionné devra apporter le même montant que le FDI pour permettre le démarrage de son entreprise.

Ses derniers articles

Réagir à cet article