Jeux Olympiques de Tokyo

Entre rage et désespoir avec les U23 a Guadalajara

Regrets, rage, frustration l’état d’âme des Haïtiens n’a pas changé après le nul 0-0 de la sélection nationale haïtienne olympique contre le Canada pour son 2e match dans la dernière phase des éliminatoires des JO dans la zone Concacaf. « On aurait pu faire un meilleur parcours ». « On aurait pu avoir un meilleur parcours ». « L’équipe a dominé le Canada et aurait dû gagner », estime-t-on dans les rues de la capitale même si les qualificatifs entendus après la défaite 0-3 contre le Honduras résonnent encore.

Publié le 2021-03-23 | Le Nouvelliste

Le 0-0 obtenu lundi soir fait encore plus rager les Haïtiens contre les responsables de la Fédération haïtienne pour leur mauvaise planification de la participation haïtienne à cette dernière phase des éliminatoires olympiques.

« L’équipe n’est pas mauvaise et vu ce qu’elle a démontré face au Canada on sent qu’avec un peu plus de compétition la sélection haïtienne ferait un meilleur parcours », avance ce monsieur, intervenant dans un bus reliant Bon-Repos à carrefour de l’aéroport.

« On dirait qu’ils nous boycottent en faisant exprès de mal planifier le voyage des garçons pour que nous soyons éliminés. Ces imbéciles ignorent que quand Haïti fait un bon résultat, c’est le visage de tous les Haïtiens qui rayonne », a cru bon de lui rétorquer un autre passager. On dirait déjà que les invectives de vendredi soir sont jetés aux oubliettes.

Pourtant ce sont des qualificatifs à caractère péjoratif qui ont accueilli la sévère défaite de la sélection nationale haïtienne olympique vendredi face aux Honduras. Certains s’en sont pris au sélectionneur qui aurait retenu des joueurs par accointance. D’autres se sont attaqués à cette main cachée qui, au sein de la fédération, impose des joueurs nuls en qualité aux sélectionneurs histoire de faire plaisir à des chenapans cachés dans l’ombre qui veulent faire émerger des pas grand choses en football. Dans ce contexte, l’avant- centre au fameux dossard 9 a été la cible de toutes les critiques. « Comment est-il parvenu là ? D’où vient-il ? Qui est cet éhonté qui l’a poussé jusque-là ? Pourquoi ne le laisse-t-on pas pratiquer ce dont il sait faire et non l’obliger à être footballeur ? », a-t-on entendu ici et là durant le week-end.

Suspicion, étonnement, honte, humiliation, les qualificatifs se sont multipliés à un rythme vertigineux au point que certains s’en sont défendus d’y être pour quelque chose et le joueur le plus incriminé aurait même pris la poudre d’escampette pour éviter d’être la cible d’autres railleries.

Tout est issu d’une suite de négligences inexplicables de la part d’individus qui devraient logiquement connaître ce qu’il advient d’un tel manquement. L’année dernière par exemple la sélection nationale est arrivée à Guadalajara dans le délai imparti pour qu’elle puisse avoir un petit moment d’acclimatation ce que, connaisseur, le sélectionneur avait souhaité avant le départ. Il souhaitait que ses poulains partent le 7 pourtant le 17 plusieurs joueurs quittaient seulement Haïti à destination du Mexique en ayant à faire un long voyage dans un contexte particulier. Au coup d’envoi de la partie seulement 10 joueurs étaient disponibles, pire il n’y avait pas de gardien et c’est un défenseur central qui a dû occuper la cage. Comment peut-on descendre aussi bas quand on a une certaine expérience et une certaine connaissance du sport ?

Le 1-1 arraché face au Salvador dans la soirée du lundi par le Honduras le place sur la voie royale pour disputer le billet qualificatif en deuxième phase en compagnie du Canada. Seulement, Honduras est le premier pour le moment et le Canada devra sortir le grand jeu pour vaincre les Centre-Américains et prendre la première place du groupe. Du coup, Haïti aura sa carte à jouer jeudi contre le Salvador avec l’obligation de réussir un score fleuve. Un score fleuve qui ne voudras pourtant rien dire si au passage le Canada et le Honduras se contente d’un honteux nul comme l’avait fait la sélection allemande à son homologue autrichien en 1982 pour sortir le Cameroun. De quoi exiger à ce que les deux rencontres se déroulent en même temps.

Des leçons à tirer.

Ce qui est arrivé à la sélection olympique l’est aussi pour la sélection nationale senior dont tous les joueurs ne sont pas encore réunis 48h avant le coup d’envoi du match Haïti vs Belize. Beaucoup croient qu’Haïti a une plus grande tradition du football par rapport au Belize seulement voilà quand les joueurs d’une sélection travaillent pendant longtemps sous la houlette d’un entraîneur qui se prépare pour un rendez-vous a à faire face à une formation qui n’a un entraîneur que depuis une semaine et demi et qui en plus fait face à de nombreuses difficultés avec un championnat à venir, il a plus d’atout en main et devient tout simplement une décevante surprise.

Enock Néré
Auteur
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