Coupe du Monde Qatar 2022: Éliminatoires zone Concacaf premier tour

Haïti vs Belize que peut-on espérer ?

Selon le Comité de normalisation le nouveau sélectionneur, Jean-Jacques Pierre, devrait arriver en Haïti ce 15 mars et les joueurs retenus pour disputer les deux prochains matchs d’Haïti dans les éliminatoires de la Coupe du monde devraient commencer à se réunir dans une semaine soit le 21 mars. Comment Haïti peut-il espérer se tirer d’affaire en accueillant la rencontre de Bélize dans le contexte actuel ?

Publié le 2021-03-15 | Le Nouvelliste

Offrir au monde l'image d'un peuple compose de gens civilises et capables de ne pas l'image de la barbarie, c'est ce qu'on devrait pouvoir espérer de la première sortie d'Haïti en éliminatoires de la Coupe du monde Qatar 2022. En fait, ce qui prime pour les amateurs de sports c'est avant tout la victoire mais la victoire avec une image nettoyée ferait encore mieux l'affaire.

En effet, recevoir un match international en pleine crise d’insécurité, c’est l’exploit que devra réaliser Haïti qui doit accueillir Bélize le 25 mars prochain pour son entrée en lice dans les éliminatoires de la Coupe du monde Qatar 2022. Ce sera le moment pour ce gouvernement de prouver au monde qu’il a au moins la capacité d’assurer la sécurité de ceux qui prennent le risque de visiter Haïti et surtout qu’il a la volonté de faire le nécessaire pour assurer la sécurité de la population.

Les clubs de football en Haïti ayant été interdit de recevoir aucun match comptant pour les compétitions de clubs de la zone Concacaf, une sanction au niveau des sélections seraient tout simplement catastrophique pour un pays en crise tant sur le plan social que sur les plans économiques, psychologique et politique. La catastrophe du 12 mars entrainant la mort de plusieurs policiers au Village-de-Dieu situé à moins de mille mètres à vol d’oiseau à l’ouest du stade Sylvio Cator rend la situation encore plus préoccupante. Si l’on tient compte du fait que beaucoup de kidnapping ont été effectué à la rue Alerte localisée à moins de 400 mètres à vol d’oiseau au sud du stade Sylvio Cator cela donne à réfléchir.

Une rencontre internationale est avant tout organisé par le pays hôte et le pays organisateur de la compétition mais l’État du pays hôte doit être en mesure d’assurer la sécurité et des visiteurs et des spectateurs avant, pendant et après la rencontre.  Autant dire que le gouvernement Joute ainsi que toutes les instances responsables de la sécurité devraient commencer à faire le nécessaire pour que le match se déroule dans un climat serein. La situation concerne aussi les hommes politiques tant du pouvoir que de l’opposition. Qu’il n’y ait aucun kidnapping de spectateurs de joueurs d’officiels mais surtout qu’il y ait un moment de répit où la population puisse vaquer calmement à ces occupations où s’offre un moment de récréation.

Toutefois même au cas où chacun jouerait son rôle consciencieusement et permettrait qu’il y ait une superbe soirée de répit à tous et à toutes pour que ce match puisse se dérouler il reste que beaucoup d’autres paramètres ne vont pas favoriser la Fédération haïtienne sur le plan économique. Coronavirus oblige, seulement 30 journalistes auront droits à une accréditation pour pouvoir couvrir la compétition. Des commissaires controleront la capacité du stade et la Concacaf déterminera le nombres de spectateurs qu’Haïti aura le droit de laisser pénétrer l’enceinte du stade puisqu’il faudra continuer à respecter les normes sanitaires même si Haïti n’est pas aussi touché par la pandémie du coronavirus autant que certaines nations dans la Concacaf. Pandémie, insécurité et sans doute coût du billet autant d’éléments qui pourraient empêcher les spectateurs de faire le déplacement et à la Fédération haïtienne de rentrer un peu d’argent pour la suite de la compétition.

« On attend le soutien économique du gouvernement haïtien », avait souligné le responsable technique au niveau de la fédération, Carlo Marcelin. « La Fifa a fait ce qu’il faut pour le voyage et l’hébergement. Nous sollicitons urgemment le soutien de l’État Haïtien pour l’accompagnement des joueurs de la sélection et leurs rémunérations. Nous devons nous unir derrière la sélection pour la pousser vers la victoire », avait poursuivi Carlo Marcelin lors du point de presse donnée jeudi au Marriott !

De quoi dire encore que l’État doit investir et en nature et en espèce et c’est sans doute là une occasion offerte tant à l’opposition qu’aux hommes du pouvoirs et même à ces gens vivant en marge de la loi de montrer au monde qu’être haïtien ne veut pas dire qu’on ni bête ni imbécile et qu’on sait se comporter en homme quand il le faut.

Enock Néré
Auteur
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