Assistance humanitaire : l’ONU en quête de 235,6 millions de dollars pour secourir 40% des Haïtiens

Publié le 2021-03-10 | lenouvelliste.com

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a fait un exposé ce mercredi 10 mars à l’ONU sur la situation humanitaire en Haïti pour l’année 2021 avant d’évoquer un plan à hauteur de 235,6 millions de dollars pour venir en aide à 4,4 millions de personnes dans le besoin d’une assistance humanitaire.

Contacté par la rédaction, le représentant spécial adjoint du Secrétaire général en Haïti, également coordonnateur résident des Nations unies et coordonnateur humanitaire, Bruno Lemarquis, après son exposé, a précisé l’inexistence d’aucun engagement de part et d’autre pour le moment en lien avec le financement du plan de réponse humanitaire.

« Ce matin c’était un briefing humanitaire […] pas une conférence des donateurs (pledging conference) où il y a des confirmations de contribution », a confié à Le Nouvelliste Bruno Lemarquis confirmant toutefois une annonce de 17 millions dollars de la part de l’Union européenne (ECHO).

« Les plans humanitaires des cinq dernières années ont été financés en moyenne à hauteur de 30 %, les plus gros bailleurs de fond étant les États-Unis, l’Union européenne, le Canada et le fond d’urgence des Nations unies (CERF) », a poursuivi M. Lemarquis annonçant pour la semaine prochaine le lancement à Port-au-Prince du plan au travers d’une conférence de presse.

L’analyse des besoins humanitaires en Haïti a révélé que plus de 4,4 millions d’Haïtiens et d’Haïtiennes, soit environ 40% de la population, auront besoin d’une assistance humanitaire en 2021. « En novembre 2020, 69% des ménages ont fait état d'une baisse de leurs revenus. La moitié d'entre eux estiment cette baisse à plus de 60% », estime un résumé du contexte et de l’impact de la crise préparé par les Nations Unies Haïti durant le mois de janvier 2021.

« La plupart des besoins humanitaires en Haïti sont chroniques. Une aide d'urgence est nécessaire pour répondre aux besoins des plus vulnérables. Mais l'opérationnalisation du nexus humanitaire-développement-paix est clé pour réduire les risques, vulnérabilités et besoins », a tweeté Bruno Lemarquis.

« Depuis plusieurs décennies, Haïti est confronté à des défis sociopolitiques, sécuritaires et économiques récurrents qui trouvent leurs origines essentiellement dans des problèmes systémiques et structurels profondément enracinés. Le pays est également très exposé aux aléas et effets liés au changement climatique et aux risques de catastrophes liés aux aléas naturels », écrit le rapport de l’ONU sur la situation humanitaire en Haïti.

« 4,4 million d'Haïtiens et d’Haïtiennes, près de 40% de la population, auront besoin d'aide humanitaire en 2021. Un million de plus qu'il y a 2 ans. Est-il l'heure d'un dialogue national et inclusif? », a réagi sur Twitter l’ambassadeur du Canada en Haïti, Stuart Savage.

Parmi les personnes dans le besoin, dévoile l’ONU, plus de 4,4 millions d'Haïtiens seront en situation d'insécurité alimentaire et 3,5 millions d'entre eux présenteront des vulnérabilités multidimensionnelles. Le contexte agro-climatique d'Haïti en 2020, caractérisé par des précipitations inférieures à la normale, la détérioration de la situation économique et la pandémie Covid-19 ont contribué à l'augmentation du nombre de personnes en insécurité alimentaire (phases 3 et 4 de l'Integrated Food Security Phase Classification IPC), qui s'élevait à 4,1 millions il y a 12 mois.

Les groupes de population les plus vulnérables sont les femmes et les filles (en âge de procréer, enceintes / allaitantes et adolescentes, mères célibataires), les enfants (de 0 à 5 et en âge scolaire), les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les personnes en situation de déplacement (déplacées / retournées / expulsées / rapatriées) et les personnes vivant dans les zones reculées ou enclavées.

Pour compléter ce tableau déjà fort sombre, l'intensification de la violence des gangs a entraîné le déplacement de centaines de familles, principalement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.



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