Kidnapping : Jean-Charles Moïse dit connaitre les noms de beaucoup de personnalités impliquées

Publié le 2021-03-02 | lenouvelliste.com

À longueur de journée, des citoyens de toutes les couches sociales se font enlever dans les rues de Port-au-Prince. Le phénomène, qui ne fait que gagner du terrain, semble, jusqu’ici, échapper au contrôle des forces de l’ordre. Or, lorsque dans un pays les structures de l’Etat n’arrivent pas à endiguer la criminalité, le phénomène de l’insécurité, du kidnapping, c’est que les criminels se retrouvent à l’intérieur de ces structures, affirme le leader de « Pitit Dessalines », Jean-Charles Moïse, mardi soir, sur le plateau de l’émission « Haïti Sa k ap kwit ? » sur Télé 20.

Comme il le répète assez souvent, Jean-Charles Moïse pointe du doigt trois catégories d’acteurs dans la société, qui, pour lui, sont impliquées dans le phénomène du kidnapping : l’Etat (précisément l’exécutif), le secteur économique et le secteur politique. Se voulant catégorique dans ses propos, l’opposant farouche au pouvoir en place dit connaitre des personnalités qui sont de mèche avec des kidnappeurs dans le pays. « Je ne vais pas citer de noms pour ne pas faire des polémiques. Je connais la plupart d’entre eux. Le véritable kidnapping est une affaire de lutte », indique le leader de « Pitit Dessalines. S’il y avait un véritable Etat, un Etat sans parti pris, je témoignerais. Je citerais des noms. D’autres personnes témoigneraient également », martèle-t-il.

Pour Jean-Charles Moïse, le climat d’insécurité fait l’affaire de ces secteurs dans le pays. Certains, pour des raisons électorales, des raisons politiques, pour maintenir le pouvoir en déstabilisant les autres, alors que d'autres ne souhaitent pas que d’autres acteurs puissent investir dans le pays.

Jean-Charles Moïse pour l’unité au sein de l’opposition...

Interrogé, par ailleurs, sur les critiques qui lui sont adressées au sein du secteur de l’opposition où certains acteurs l’accusent de jouer le double jeu en faveur de Jovenel Moïse, le leader de « Pitit Dessalines » reconnait l'existence d'un désaccord qui le force à adopter une autre posture par rapport à ses collègues de combat. Mais il dénonce certaines actions de certains acteurs qui veulent ternir son image. « Ce sont des attaques pour des raisons électorales », soutient Jean-Charles Moïse, qui évoque, au contraire, ses multiples positions contre le pouvoir et le secteur économique, notamment la bourgeoisie qu'il rend coupable de la situation critique du pays. 

Face à ce qu’il appelle « un danger » qui menace la population, Jean-Charles Moïse, qui se veut rassurant, fait savoir qu’il est en pourparlers avec les autres acteurs de l’opposition dans une perspective d’unité, pour s’entendre sur une solution appropriée à la crise. Le leader politique, qui continue d’exiger le départ du chef de l’Etat, estime qu’il faut mettre sur pied une « une transition de rupture », tout en divorçant d'avec le système en place.



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