Antoinette Duclaire appelle les jeunes à s’impliquer pour faire de la politique autrement

« Aujourd’hui, la manière de faire de la politique dans ce pays ne donne aucun résultat. Il est temps de faire de la politique autrement », tel est le message qu'a livré la militante politique Antoinette Duclaire, jeudi soir à l’émission « Haïti Sa k ap kwit » sur Télé 20. Celle qui est devenue la porte-parole de la nouvelle plateforme sociopolitique « Matris liberasyon » croit qu’il faut l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs devant intégrer des structures politiques, afin de faire de la politique autrement dans ce pays.

Publié le 2021-02-25 | lenouvelliste.com

En Haïti, la sphère politique constitue un espace « violent » qui tend, de plus en plus, à ériger des obstacles non seulement pour les femmes, mais aussi pour les jeunes qui veulent émerger, selon l’analyse de la militante Antoinette Duclaire, qui a fait des études en anthropo-sociologie à la Faculté d'ethnologie de l’Université d’État d’Haïti. Pour Mme Duclaire, la société en elle-même expose un ensemble de clichés par rapport à la participation politique des femmes (ou des jeunes) dans la sphère publique. « Les femmes sont victimes à tous les niveaux dans les sphères politiques dans la société », déplore-t-elle.

Dans cette perspective, la militante Antoinette Duclaire porte un regard critique sur les partis politiques dans le pays, lesquels ne s’organisent pas pour bien jouer leur rôle dans cette société qui se veut pourtant démocratique. Il manque, dans ces partis politiques qui fonctionnent sur le terrain, un processus de renouvellement et de redynamisation. Et, pour elle, c’est cette défaillance des institutions politiques qui favorise l’émergence d’un ensemble de dirigeants au timon des affaires incapables de gouverner le pays en répondant aux besoins du peuple.

Antoinette Duclaire appelle donc les jeunes de cette génération à s'impliquer, à s'engager pour renverser la tendance. La porte-parole de la structure « Matris liberasyon », présentée comme un « mouvement sociopolitique » qui se propose de continuer la lutte pour la libération du pays, croit qu’il faut mobiliser et réunir différentes catégories sociales, conscientes de la nécessité de faire de la politique autrement pour l’avancement du pays.

« Ma génération doit se battre pour avoir de bonnes élections dans le pays. Des élections qui doivent introduire d’autres types d’acteurs dans l’administration de l’État », affirme Antoinette Duclaire, qui croit qu’il faut envisager la prise du pouvoir en équipe portant une idée et promouvoir le respect des valeurs. 

Invitée, par ailleurs, à porter un regard analytique sur la conjoncture politique du pays, Antoinette Duclaire, toujours critique envers le pouvoir en place, estime que « nous avons un pays qui tend à disparaitre. Pour elle, ce pays est à l’image d’un véhicule sur une pente avec un système de freinage défaillant. « Nous sommes obligés de dire halte-là. Nous n’avons pas le choix. Aujourd’hui, il est triste pour le pays de se retrouver entre les mains d’une seule personne, Jovenel Moïse, qui gouverne seul l’État », critique la militante, accusant le pouvoir en place de tenir le pays en otage. La militante se dit en opposition avec ce système étatique non productif, incapable de satisfaire les désidératas du peuple haïtien.

Antoinette Duclaire, objet de menaces violentes, mais n’entend pas lâcher prise...

Depuis bien des temps, la militante politique affirme être l’objet de menaces de la part d’individus pour ses positions critiques par rapport au pouvoir en place. Dans la soirée du mardi 23 février, la maison familiale d’Antoinette Duclaire a essuyé des tirs d'individus circulant à motocyclette. Les constats d’un juge de paix font état de traces de douilles de M1 retrouvées sur les lieux.  « Je ne vois pas cela comme un acte d’intimidation, mais comme un acte raté. Nous sommes face à des gens qui n’ont aucun respect pour la vie et pour les valeurs », martèle la militante, qui ne semble pas prête à lâcher prise.



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