« Personne ne me fera croire que Jovenel Moïse est un dictateur », a soutenu Pradel Henriquez

Publié le 2021-02-23 | Le Nouvelliste

Seul sur le boulevard, le président Jovenel Moïse mène la danse comme il l’entend, en dirigeant le pays par décret. Si certains l’accusent de n’avoir rien fait pour éviter cette situation, son ministre de la Culture et de la Communication, Pradel Henriquez, évoque une coïncidence de l’histoire, cette situation de crise à laquelle est confronté le pays en ce moment. À ceux qui voient des velléités dictatoriales du chef de l’Etat dans sa manière de diriger, le ministre, qui rappelle avoir vécu la dictature des Duvalier, affirme à l’émission ‘’ «Haïti sa k ap kwit ?» du mardi 23 février que « personne ne va lui faire croire que l’actuel président est un dictateur ».

Pour Pradel Henriquez, la situation dans le pays résulte d’un « cumul des crises ».  L’un des efforts du président consiste à remettre sur pied toutes les institutions en crise avant son départ en février 2022. « Je vois le président à l'œuvre. S’il était dictateur, je le saurais.  C’est un chef d’Etat dans un pays qui vit une réalité très complexe. Une histoire très complexe ... », affirme le ministre, avant de confesser, en revanche, que « nous sommes dans une société de dictateurs qui s’ignorent ... ».

« Je n’ai jamais vu Jovenel Moïse passer des ordres pour tuer. En tant que ministre de la Communication, je n’ai jamais reçu d'instructions du président pour faire de la propagande. Or, c’est une caractéristique de la dictature aussi. Je ne suis pas un ministre de la Communication qui fait de la propagande. J’assiste au Conseil des ministres comme tout le monde. D'ailleurs, nous ne nous sommes jamais rencontrés en face ni parlé au téléphone. Comment allez-vous me faire croire que j’ai un dictateur en face de moi? Je suis un ministre libre », déclare Pradel Henriquez.

« Ministre, voyez-vous Jovenel Moïse comme démocrate ? » À cette question du journaliste Robenson Geffrard, le ministre de la Culture et de la Communication, plutôt évasif, a lâché : « Dans ce contexte, je vous l’avais dit, il est difficile..., parce que la démocratie n’est pas telle que vous la comprenez. Ce n’est pas comme le comprennent les téléspectateurs. La démocratie, c’est quelque chose qui se construit. D’ailleurs, c'est la structure mentale de la société haïtienne, c’est ce que j’essaie de vous dire, qui rend cela difficile. L’Haïtien, en lui-même, ne peut pas être démocrate. Il est difficile de parler de démocratie aujourd’hui. Mais Jovenel Moïse, en tant que président ..., le personnage est ouvert, alors qu’il y a une véritable diabolisation de l’homme ».

Il est temps, pour Pradel Henriquez, d’éviter d’entrer dans cette logique de diabolisation de quelqu’un parce qu’il est président. Selon le ministre, nous avons un président qui, issu des élections, adopte une voie pour son pays. Lorsque le journaliste a, par ailleurs, demandé au ministre si lui, il était démocrate, celui-ci a répondu : « Moi-même ? C'est difficile, je sais que je suis libre. Je n’aime pas le mot démocrate. Je suis libre. Qu’est-ce que nous appelons démocratie ? Il y a une vision occidentale de la démocratie. Nous sommes pris dans un piège... Le président Jovenel Moïse est un président libre, ouvert, au service de son pays et prêt au dialogue. Si tous ces éléments caractérisent un démocrate, le président est un démocrate », avance le ministre, avant de rappeler que la démocratie ne sous-entend pas un « laisser-aller », au contraire, précise-t-il, « c’est la dictature de la loi ».  

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