Instabilité politique et pandémie de Covid-19 : l’impact sur l’économie haïtienne sera durable, prévient l’ONU

Publié le 2021-02-22 | Le Nouvelliste

Contraction de 3 % du PIB en 2020, chute de 16 % de la production dans le secteur de l’habillement au cours de l’exercice 2020/21, taux de l’inflation estimé à 22,8 % en moyenne pendant l’exercice 2019/20, déficit budgétaire représentant environ 3 % du PIB, telles sont les retombées conjuguées entre autres de l’instabilité politique et de la pandémie de Covid-19 sur l’économie haïtienne dont l’impact sera durable, a alerté le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le jeudi 11 février 2021, au travers de son dernier rapport adressé au Conseil de sécurité.

Citant la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), une agence régionale de l’ONU, le rapport estime que le produit intérieur brut (PIB) du pays s’est contracté de 3 % en 2020 et prévoit qu’il affichera une reprise modeste en 2021, à condition qu’un certain nombre de mesures économiques soient appliquées.

« On estime que l’habillement, secteur à vocation exportatrice qui représente environ 90 % des exportations totales et qui constitue la première source d’emplois dans le secteur formel, a vu sa production diminuer de 16 % pendant l’exercice 2020/21. En revanche, les envois de fonds de la diaspora ont augmenté. Mais les recettes ont reculé, en raison de l’atonie de l’activité économique et de la hausse de l’inflation (estimée à 22,8 % en moyenne pendant l’exercice 2019/20), tandis que les dépenses ont augmenté du fait des mesures sociales liées à la Covid-19, d’où un déficit budgétaire qui représente environ 3 % du PIB », a détaillé le rapport destiné au Conseil de sécurité.

Face à la détérioration de la situation économique, a constaté l’ONU, le gouvernement haïtien a mis en œuvre une série de politiques pour éviter une dépréciation rapide de la gourde haïtienne, qui s’est par conséquent appréciée de 13,6 % par rapport au dollar à la fin de l’année fiscale, en septembre 2020.

Pour l’organisation mondiale, cette appréciation rapide de la monnaie nationale a eu des effets négatifs sur de nombreuses entreprises à vocation exportatrice, ainsi que sur les organisations internationales intergouvernementales et non gouvernementales dont les crédits budgétaires sont établis en dollars.

À la demande du gouvernement haïtien et en étroite collaboration avec l’Union européenne, les entités des Nations unies ont évalué l’impact socioéconomique de la Covid-19, en s’appuyant notamment sur six enquêtes thématiques menées entre avril et décembre 2020 avec le soutien de l’équipe de pays des Nations unies, a révélé le rapport.

Cette évaluation complémentaire devrait aider le gouvernement à mettre en œuvre son plan triennal pour la relance économique après la pandémie (Prepoc 2020-2023), dont l’enveloppe est de 4,87 milliards de dollars et qui vise à stabiliser l’environnement macroéconomique du pays et à créer les conditions nécessaires pour relancer la croissance et favoriser le bien-être de la population grâce à la création d’emplois et à la mise en place de politiques sectorielles et de plans d’action en faveur d’une économie plus résiliente, plus équitable et plus verte.

« Peu avant l’adoption du budget national pour 2020-2021, le Premier ministre a énoncé une série de priorités du gouvernement, notamment la diversification économique et l’accélération de la croissance, l’appui aux petites et moyennes entreprises et la création d’emplois », a indiqué le rapport présenté par Antonio Guterres par-devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

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