Enlèvement de trois personnes dont deux Dominicains, Garry Desrosiers fait le point

Le porte-parole de la Police nationale d’Haïti (PNH) dément les rumeurs qui font fait croire que le convoi dans lequel se trouvaient les deux ressortissants dominicains et le jeune poète haïtien Junior Albert Augusma, enlevés le week-end écoulé, avait été escorté par deux véhicules de la PNH.

Publié le 2021-02-22 | Le Nouvelliste

Deux ressortissants dominicains et un Haïtien, le jeune poète Junior Albert Augusma, connu sous le nom de Ti Nèg, ont été enlevés à Port-au-Prince le samedi 20 février. Le rapt a été produit vers 9 heures du soir à Martissant, entre la 4e et la 5e avenue Bolosse. Selon Vélina Charlier, qui intervenait à Panel Magik, le lundi 22 février 2021, les victimes faisaient partie d’un convoi d’une quinzaine de véhicules qui revenaient de la commune de Jacmel où elles participaient au tournage du film « Malatchong », en cours de production par l’entreprise de production Muska Films.

Le convoi a été attaqué par un pick-up blanc immatriculé Service de l’État, avec à son bord des hommes lourdement armés. « Tout allait bien sur la route jusqu’à ce que nous soyons arrivés à Fontamara où trois véhicules ont tout fait pour scinder le cortège. Ce qu’ils ont finalement réussi à faire », a témoigné Vélina Charlier. À en croire le porte-parole de la Police nationale d’Haïti (PNH), Garry Desrosiers, les ravisseurs ont conduit les victimes à Grand-Ravine.

Concernant les rumeurs qui circulent depuis samedi sur les réseaux sociaux laissant croire que le convoi a été sécurisé par deux back-up de la PNH, Garry Desrosiers s’inscrit en faux. Selon M. Desrosiers, il y avait effectivement 2 à 4 policiers qui assuraient la sécurité du convoi, mais ce sont des policiers qui ont l’habitude d’accompagner Muska Films dans les tournages du film « Malatchong » qui ont débuté depuis 2019. Cette information a été confirmée par Vélina Charlier.

« Nous en profitons pour informer que dans ce genre de cas, où une personne a besoin de la police, il serait mieux de contacter la direction générale afin que celle-ci mette à la disposition de la personne des policiers pour assurer sa sécurité », a déclaré le porte-parole de la PNH, qui répondait aux questions de Robenson Geffrard et de Roberson Alphonse à l’édition du lundi 22 février 2021 de Panel Magik.

Aucune information n’a été révélée sur le montant de la rançon exigée par les ravisseurs. Cependant, Vélina Charlier avait informé qu’ils – la production – ont déjà fait tous les suivis légaux auprès des autorités.

La population appelée à l’aide

« Chaque individu au niveau de la population est un policier en matière de kidnapping et d’insécurité », a soutenu Garry Desrosiers, qui fait appel au support de la population en vue de combattre le kidnapping dans le pays. Le porte-parole de la PNH affirme que la police ne peut pas donner de résultats et résoudre les problèmes toute seule. Évoquant les cas d’enlèvement contre rançon qui ne cessent d’augmenter dans le pays et surtout dans la zone métropolitaine, M. Desrosiers invite la population et certains secteurs clés à se joindre à la police afin de trouver une issue.  

Y a-t-il une volonté politique de protéger les bandits dans le pays ? « Il y a des considérations liées à la politique dans lesquelles nous ne rentrons pas au niveau de la police. Nous voulons rester policiers dans le cadre de notre travail », a répondu Garry Desrosiers. « Nous sommes conscients au niveau matériel de toutes les difficultés. Nous ne nous écartons pas non plus de nos responsabilités. Avec le peu dont nous disposons, nous ferons le maximum », a-t-il dit.

Ritzamarum Zétrenne rzamar2018@gmail.com Auteur

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