Carnaval national

Carnaval : les secteurs hôtelier et transports publics éprouvés s’en sortent bien

Malgré l’absence de plusieurs secteurs clés de la vie nationale, à l’instar du secteur privé des affaires, les services hôteliers et transports publics ont tiré leur part du lot durant la période du carnaval national de Port-de-Paix les 14, 15 et 16 février 2021. Quand bien même la grande population n’a pas pris la direction de la cité de Capois-la-Mort, les hôtels et les transports publics ont répondu à l’appel.

Publié le 2021-02-19 | Le Nouvelliste

Compétition acharnée entre les chaînes d'hôtels

La compétitivité entre les différentes chaînes d’hôtels à Port-de-Paix a été rude en raison des particularités de chaque hôtel. À Breeze Marina Star Hotel, la plus grande chaîne d’hôtels du Nord-Ouest, le journal a appris que sur 74 chambres opérationnelles, 45 ont été louées. Une suite présidentielle, construite en un mois, a accueilli le couple présidentiel avec une bonne partie de la police nationale, a fait savoir Josué John Dly, directeur général de la chaîne hôtelière. 

M. John Dly a déclaré cependant ne pas être satisfait des chiffres. « Les bénéfices ont été réduits en raison de l’effectif des policiers, libres de consommer à l’extérieur. Seulement les frais d’hébergement ont été encaissés », a-t-il poursuivi. Avec une capacité de 80 chambres, un parking pouvant accueillir une centaine de voitures, 2 hélicoptères, énergie 24/24 (inverter, panneaux solaires, 4 génératrices) Breeze Marina Star Hotel s’impose comme la référence, à en croire le gérant du site. Des ajustements tels l’installation d’une rampe pour personnes à mobilité réduite, la mise à disposition d’un extincteur d'incendie figurent dans l’agenda de Breeze Marina, selon M. John Dly.

 À Rendez-vous Hôtel, situé à Morne-au-Paix, l’ambiance du carnaval bat son plein. La demande pour ce complexe hôtelier de 35 chambres est en hausse malgré les menaces de la Covid-19 et la présence d'officiels hébergés. « Le tarif de nos services, quoique plus élevé, n'empêche pas l’affluence à Rendez-vous Hôtel qui s'est accomodé à l'apparent tourisme local dessiné avec la réalisation du carnaval national à Port-de-Paix », a relaté Markes Ferilus, administrateur du Rendez-vous Hôtel saturé.

À Lorina Hotel, seulement 9 chambres étaient vides sur les 33 disponibles. L’administrateur de Lorina Jean-François Jean-Revers a évalué à 70% la réussite des services délivrés ainsi que les bénéfices encaissés durant la période carnavalesque. Fondé en 1996, l'hôtel Lorina envisage toutefois d’améliorer son offre en Internet et d’augmenter la quantité de ses chambres.

Une diversité de choix des transports publics 

Les transports publics ont tiré leur épingle du jeu au cours du week-end carnavalesque. L’agence de transport public Kiskeya a dit relever une nette amélioration des services de sa compagnie grâce aux routes construites récemment occasionnant ainsi des recettes favorables. « Autrefois, nous passions 7 heures en cours de route, actuellement 5 heures seulement avec un arrêt à Gros-Morne. La maintenance dans nos véhicules se fait entre 2 et 3 mois, comparativement avec autrefois. Deux bus de la compagnie quittent Port-de-Paix à destination de Port-au-Prince avec à leur bord 30 passagers », a raconté au journal Monel Majuste, administrateur de l’agence. 

Du côté de l’agence de transport Sans-Souci, les administrateurs, pour avoir été victimes du climat d’insécurité qui sévit sur la route nationale # 1, n’ont pas multiplié les risques. Un seul bus de 47 passagers a effectué un seul voyage par jour durant le carnaval d’après une employée rencontrée sur place.

Le trafic des motocyclettes domine le transport public interne à Port-de-Paix à 80%. Le transport à moto relie les contrées les plus éloignées de Port-de-Paix malgré un manque d'infrastructures routières, de protection sociale et de cadre légal. « Les autorités n’arrivent même pas à satisfaire à notre demande de plaques. La tenue du carnaval national nous a garanti plus de boulot, une meilleure circulation de l’argent, même quand les embouteillages et la rareté d’essence auraient compliqué la situation », a déploré un chauffeur de taxi-moto de la station de la rue Sténio Vincent.    

Les rares camionnettes remarquées à la station St-Louis du Nord à la rue Bénito Sylvain circulent à ciel ouvert. Les Port-de-Paisiens n’aiment pas être mis en boîte. « Les chauffeurs sont contraints de se doter de ''prélart'' en cas de pluie » a expliqué un courtier.

Plus loin, au bord de mer, dans la région dénommée Sable-Chalet, des voiliers et bateaux à moteur facilitent la visite de l’île de la Tortue en 45 minutes. Certains voyages peuvent drainer jusqu’à une centaine de passagers, a révélé un riverain. Le coût exorbitant de la visite guidée ou la peur de l’aventure tient à distance les curieux de la mer. Alors que des pêcheurs tissent tranquillement leur nasse attendant l’après-midi pour la jeter dans la mer, d’autres descendent d’un petit voilier tenant en main 2 ''makòn'' de poissons. 

Les critiques de certains observateurs amers face au prix exorbitant de certaines chambres d’hôtel qui a doublé envers des particuliers qui ont loué chèrement leur appartement, les problèmes d’énergie, entre autres, n’ont pu mettre des bâtons dans les roues des secteurs hôtelier et transports publics.

Junior Pinvin pinvinj@gmail.com Auteur

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