Incidents aux Gonaïves, un mort et des bureaux publics saccagés

Des opposants ont violemment manifesté aux Gonaïves, jeudi 11 février 2021, pour exiger le départ du président de la République Jovenel Moïse. En marge de ce mouvement spontané, ils ont affronté les forces de l’ordre. Les échanges ont fait au moins un mort et deux blessés par balle. En outre, trois bureaux publics, dont le tribunal civil et la mairie, ont été vandalisés.

Publié le 2021-02-12 | lenouvelliste.com

Jeudi après-midi, les militants anti Jovenel Moïse ont fait irruption dans le local du tribunal civil de la juridiction qui était sous le contrôle des agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO). Des pneus enflammés y ont été placés. Une génératrice est passée sous les flammes. L’enceinte du bâtiment est en feu. Les archives n’auraient pas été enlevées. 

Le bureau départemental de l’Office de la protection du citoyen (OPC) qui est logé à l’arrière-cour du tribunal a subi de grands dommages. La structure préfabriquée qui héberge l’institution n’a pas pu résister aux flammes. 

L’hôtel de ville n’a pas non plus été épargné. Des membres de la population l’ont pillé avant de placer des pneus enflammés aux deux entrées. À la réception et dans plusieurs bureaux, des classeurs métalliques sont renversés et des documents jonchent le sol. D’autres dossiers sont brûlés. Une génératrice qui alimentait l’édifice est incendiée. Le service d’incendie étant dysfonctionnel, jusqu’à vendredi matin des flammes ont été remarquées dans la cour. 

Les autorités judiciaires et le conseil municipal des Gonaïves ne se sont pas encore exprimés sur ces actes de vandalisme et de pillage. 

Munis de leurs armes automatiques, les insurgés ont tenté de prendre d’assaut le commissariat Toussaint Louverture. Pendant un bout de temps, ils ont échangé des tirs avec les forces de l’ordre. « Les carottes sont presque cuites. D’ici dimanche, nous prendrons le commissariat, a déclaré Winter Étienne, la nouvelle figure de l’insurrection. Cela n’a pas été fait hier (jeudi) en raison d’un manque de planification ». L’opération de déchoquage, a soutenu l’activiste, est en cours. 

Le mouvement a créé une véritable panique au niveau du centre-ville. Les détonations résonnaient de toutes parts. À la fin de la journée, au moins un mort et deux blessés par balle ont été dénombrés. Les victimes augmentent à un moment où l’hôpital La Providence des Gonaïves (HPG) n’ a pas la capacité de répondre aux besoins de la population. Les responsables ne cessent de se plaindre du manque de moyen. 

Le centre-ville qui s’était réveillé dans un calme apparent ce vendredi a connu un regain de tension dans l’après-midi. Des tirs nourris ont retenti et les rues ont été vidées.



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