Conjoncture de crise 

Des étudiants et chercheurs haïtiens en dehors du pays préoccupés par la situation de crise

Le contexte actuel de crise du pays inquiète, au plus haut point, un ensemble d’étudiants et jeunes chercheurs haïtiens évoluant actuellement en dehors du territoire. Pas moins d’une vingtaine d'entre eux ont signé une note, lundi 8 février, dans laquelle ils dénoncent et expriment leur ras-le-bol par rapport à un ensemble de « violations systématiques » de droits humains en Haïti, d'actes de banditisme enregistrés orchestrés sur la population, sans compter, entre autres, ce qu’ils appellent « la velléité du pouvoir d’installer un régime dictatorial dans le pays ».

Publié le 2021-02-19 | Le Nouvelliste

Les signataires de cette note, qui sont des étudiants en niveau maitrise et doctorat des différentes universités étrangères, rappellent que les « masses populaires se soulèvent depuis des années pour contester ce pouvoir illégitime, malgré la répression systématique de celui-ci contre les quartiers populaires ». Pourtant, avancent-ils, « le pouvoir a toujours bénéficié de l’appui des pays du Core Group en ignorant les revendications populaires ».

Les étudiants et les jeunes chercheurs pointent du doigt le pouvoir « PHTK » qui symbolise, de leur point de vue, la violation systématique des droits humains en Haïti. « Environ quatre massacres, arrestations et emprisonnements illégaux, kidnapping, assassinats de militants lors des manifestations, ganstérisation du pays et fédération des gangs, terreur comme stratégie de gouverner », déplorent-ils, tout en rappelant que seulement pour le mois de janvier, on a répertorié environ une cinquantaine d’enlèvements, aucun n’a été libéré par la police nationale d’Haïti.

« Le régime au pouvoir réprime systématiquement toutes les mobilisations populaires alors que les gangs font des parades librement sous la protection de la police. Les conditions matérielles d’existence de population se détériorent de plus en plus pendant que les barons du régime s’enrichissent dans des conditions douteuses », fustigent-ils, accusant le pouvoir, jusqu'ici incapable de gérer la situation, de sa complicité avec le banditisme.

Par ailleurs, les étudiants et jeunes chercheurs se positionnent face aux débats contradictoires autour de la fin du mandat de Jovenel Moise. « Le 7 février 2021, tous les secteurs de la société haïtienne ont constaté la fin constitutionnelle du mandat de Jovenel Moise comme ce dernier l’a fait pour les députés et le tiers du Sénat en janvier 2020 au regard de l’article 134-2 de la constitution de 1986 amendée. Nous, citoyen-ne-s haïtien-ne-s qui étudions en terre étrangère, avons également constaté la fin du mandat de Jovenel Moise et la velléité du pouvoir d’installer un régime dictatorial dans le pays. C’est dans cette optique dictatoriale que le pouvoir dirige seul le pays avec des décrets menaçant les droits fondamentaux de la personne depuis tantôt un an », soutiennent ces jeunes haïtiens craignant que le refus d’accepter la fin constitutionnelle de son mandat ne risque de sombrer le pays dans un inévitable Chaos.

Les universitaires exigent le respect de la constitution et appellent les forces vives et les acteurs progressistes de la nation haïtienne à adopter, dans un plus bref délai, les mesures nécessaires pour mettre en place une transition de rupture dans le pays.

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