Jérémie pleure le départ de l’inspecteur général Jean St-Fleur

Publié le 2021-02-04 | Le Nouvelliste

Samedi 30 janvier 2021, Jérémie est traversée par une onde de choc, la nouvelle de la mort de l’un de ses fils adoptifs, Jean St-Fleur, à l’âge de 60 ans, dans un hôpital à Boston. Depuis de longs mois, avait appris le journal, l'ex-inspecteur général de la Police nationale d’Haïti était affaibli par un cancer de la prostate. Il était inspecteur de police, homme d’affaires, ancien militaire, ancien chef du Corps des pompiers, franc tacticien et ancien responsable de la Brigade d’intervention motorisée (BIM).

L’émotion était à son comble dans le chef-lieu du département de la Grand'Anse, à Jérémie, dès l'annonce du décès de l'inspecteur général. Les réactions des habitants et des internautes d'origine jérémienne, furent multiples. Ils ont exprimé leur regret, tout en témoignant avoir perdu, un ami, un confrère, un père. Ils ont aussi exprimé leur soutien envers les membres de la famille du haut cadre de la police.

Pour autant l'homme n'est pas de Jérémie. Originaire de St-Marc, département de l’Artibonite, Jean St-Fleur a épousé une Jérémienne et, avec elle, sa ville natale. Il est connu pour son attachement et son dévouement à la ville de Jérémie. Il y a établi une réputation de sage, de gentleman, de progressiste, propriétaire d’un supermarché (Dépanneur Market Bar/ Kay Saint Fleur) de la ville, et travaillait avec les jeunes dans des activités récréatives et notamment des activités festives du 18 mai. Aimé, adulé par les jeunes Jérémiens, surtout pour les parades du 18 mai. Jérémie s'est tout de suite transformée en cœur et berceau familial de Jean St-Fleur.

«Son décès est un coup dur pour l'institution policière, pour Jérémie et sa ville natale, Saint-Marc. L' implication de St-Fleur dans des initiatives culturelles et sociales fit de lui un bon exemple pour l'institution policière et pour la communauté jérémienne. Son intégration dans la communauté grand'anselaise montre clairement comment il a été un homme formidable avec un grand cœur, d'une grande humanité, qui a fait beaucoup pour Jérémie. Il a été le premier, à avoir usé de son influence pour établir un service de pompiers à Jérémie, et c'est ainsi qu'il va faciliter beaucoup de jeunes jérémiens à intégrer la PNH plus précisément dans le corps de sapeurs-pompiers», a rappelé l'inspecteur et chef de cabinet du directeur de la police grand'anselaise, Jean-Jean Roussel.

De son côté, le cabinet du directeur général de la Police nationale d’Haïti, Léon Charles, a réagi dans une note quelques jours après le décès de l'inspecteur Jean St-Fleur. En effet, le numéro un de la PNH a salué la mémoire du très regretté : « En cette pénible circonstance, cette direction entend saluer la mémoire de ce haut cadre qui a servi le pays dans les deux branches de la force publique haïtienne ». Dans cette note, la direction générale de la PNH présente ses condoléances émues à la famille du défunt, ses proches, à tous les policiers en général et à ses collègues en particulier, tous touchés par ce décès. 

Jusqu’à son dernier souffle, Jean St-Fleur est resté fidèle à Jérémie. C'est dans cette ville que celui qui fut pressenti pour devenir le DG de l'institution Policière a fructifié ses idées entrepreneuriales.

Pour le moment, l'institution policière et la famille n'ont fait ni état de la date ni du lieu des obsèques de M. St-Fleur.

Certes il s'est éteint, mais il a laissé derrière lui des exemples et un héritage qui témoignent de sa contribution à la construction d’une autre Haïti en investissant ses compétences notamment dans les jeunes. L’hommage solennel que la cité des poètes s'apprête à lui rendre sera bien mérité.

Flavien Janvier jflavien50@gmail.com Auteur

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