Coronavirus: drame national, tragédies et asphyxie de l’économie mondiale

Publié le 2021-03-11 | Le Nouvelliste

Jean-Marie Beaudouin

Dans son unicité comme dans sa diversité, l’espèce humaine s’avère bien fragile tant au point de vue physique qu’au point de vue moral. Anatomistes et sociologues-psychologues s’accordent à reconnaître l’être humain comme tel. Une simple fièvre passagère peut le déstabiliser, l’obliger à rester au lit, et, parfois, il devient méconnaissable. Car la résilience n’est pas une capacité universelle chez les catégories sociales prises dans leur ensemble: sous l’effet des symptômes d’une maladie quelconque, il y en a qui résistent fort bien; d’autres n'y arrivent pas.

Quelle qu’ait pu être son érudition dans la communauté, le genre humain peut perdre son sang-froid devant un concept ou une idée qui n’entre pas dans son mode/style de pensée à l’occasion d’un débat plutôt informel, ou dans ses relations interpersonnelles. Dans le vif de la discussion où le raisonnement dialectique part du particulier au général, il se pourrait même qu’il fasse une crise de nerfs. Et, auquel cas, il devrait alors se faire soigner. Fragilité ou faiblesse humaine oblige! L’espèce humaine n’est pas si différente de l’espèce animale qu’on le croit: l’ami fidèle – le chien - peut parfois dévorer son maître lorsqu’il traverse une crise incontrôlée.

Il en est de même pour l’économie capitaliste dominante, dont les chants de sirène faits autour d’elle sont loin de suffire à cacher sa fragilité ou son impuissance. Les crises traditionnelles auxquelles elle est confrontée sont l’illustration de sa faiblesse musculaire ou infrastructurelle; sinon qu’elles fragilisent le capitalisme à la base. Sauf que, à l’occasion de ses crises cycliques, ses défenseurs habituels émettent des supputations conjoncturelles sans jamais descendre au fond du puits pour y remonter avec les vraies causes.

Au cours de son développement historique, le capitalisme a produit deux formes de gouvernance économique qui se trouvent à des pôles opposés. De fait, elles s’affrontent dangereusement sur le terrain de l’économie de marché libre; la victoire de l’une supprime l’autre. Il s’agit du capitalisme d’État et du capitalisme monopolistique. Le premier fait de l’État le seul régulateur des marchés et lui attribue une bonne part de la richesse nationale afin qu’il soit à même de concrétiser ses politiques publiques et ses projets de développement économique. Le second prétend que l’État est aux antipodes de la gestion rationnelle des ressources disponibles, fait appel au secteur privé et lui accorde le monopole de l’économie nationale.

La bourgeoisie possédante remporte, en effet, la bataille dans une guerre qui se termine à l’avantage des grandes entreprises industrielles, des réseaux ferroviaires, des sociétés immobilières, des grands groupes bancaires, etc., dont l’ensemble forme ce qu’on appelle le grand capital. Depuis, le capitalisme est entré dans un cycle de crises à répétition. La presse bourgeoise jette des larmes feintes lors des krachs financiers qui embrasent la société occidentale et ses satellites; mais, pour la pensée critique, la crise du capitalisme est permanente.

Dans sa théorie du travail mort, Karl Marx semble indiquer la cause fondamentale de la crise permanente dans la société bourgeoise, toujours sourde aux gémissements des classes laborieuses. Par déduction logique et par devoir révolutionnaire, le règlement des conséquences de la situation incombe au prolétariat et à lui seul dès lors qu’il se meut en vue de forcer les classes capitalistes exploiteuses à quitter la scène; et qu’il s’érige comme la nouvelle classe dominante. Et nous citons :

« Dans la manufacture et dans l’artisanat, le travailleur se sert de l’outil, dans la fabrique il se sert de la machine. Dans le premier cas, c’est de lui que procède le mouvement du moyen de travail ; dans le second, il doit suivre le mouvement du moyen de travail. Dans la manufacture, les travailleurs sont les membres d’un mécanisme vivant. Dans la fabrique, il existe, indépendamment d’eux, un mécanisme mort auquel on les incorpore comme des appendices vivants. Le travail mort qui domine et aspire la force vivante du travail. Le capital est du travail mort, qui ne s'anime qu'en suçant, tel un vampire, le travail vivant, et qui est d'autant plus vivant qu'il en suce davantage. » Dans Le Capital, Livre 1, chapitre 5.

Covid-19 et ses ravages

De ce qui précède, si les idéologues et économistes bourgeois ne sont pas convaincus, la crise sanitaire mondiale est venue frapper à leur porte en vue de les réveiller de leur sommeil trompeur. Dans notre culture populaire, kabicha n’est même pas le sommeil paradoxal: les paupières paraissent fermées, mais n’influencent pas les mouvements oculaires. Autrement dit, lors de ce sommeil passager, on est toujours sur ses gardes. C’est pourquoi les souvenirs d’antan renseignent que nos chenapans s’introduisent malicieusement dans la maison pour y dérober, tard la nuit, afin de s’assurer que tout le monde s’endort dans un sommeil profond.  

Il descend d’une famille assez nombreuse dont la fratrie comporte des espèces génétiques et des variants, le virus dit Covid-19 est apparu en Chine populaire dans la ville de Wuhan/Centre, vers la fin de l’automne 2019. Compte tenu du pays mal-aimé dans lequel il a été découvert, ledit virus a étrangement provoqué une insipide querelle diplomatique au sein des États occidentaux sous le couvert d’une prétendue conspiration du silence, selon laquelle les dirigeants chinois ont tenté de masquer la nature contagieuse et dangereuse de la vermine.

On n’aime pas la Chine dès lors qu’elle se débarrassa des impérialismes japonais et occidental, et fonda librement un État communiste au cœur de l’Asie, le plus grand continent du monde qui recouvre 32 millions de km2 et renferme plus de 3 milliards d’habitants, proche de 4 milliards selon les dernières statistiques. Et les plus grandes religions du monde y naquirent également. On n’aime pas la Chine à cause de l’idéologie communiste qui est au centre de sa Direction politique, comme si l’histoire en tant que science était sélective dans le choix des espèces auxquelles elle aurait conféré le droit à la révolution, le droit à l’autodétermination. En tout cas, on peut s’offusquer ou en rire, mais ce qui est fait est fait, dit l'adage.

À son tour, la presse capitaliste n’hésite pas à relayer en boucle l’inconvenante querelle diplomatique en vue de créer une crise dans la crise. Elle se tient toujours prête, avec ses laquais traditionnels, à dénaturer les faits, à stigmatiser et à diaboliser les mouvements populaires, d’où qu’ils viennent. Mais qu’à cela ne tienne, puisque ni la Chine populaire, le foyer natal de la vermine, ni les pays qui en sont infectés ne maîtrisent ni les tenants, ni les aboutissants de la vermine dite coronavirus. En faire une propagande de politique diffuse et confuse n’est certainement pas la bonne attitude qu’il faut adopter dans cette crise aux allures sismiques ou apocalyptiques. Ce faisant, pour obtenir quoi?Réponse: un drame national et des lugubres tragédies, joints aux indéfinissables appréhensions, aux dissensions intestines et aux contradictions qui s’emparent malheureusement de nos scientifiques dont les interventions apportent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

Pour sa part, votre fidèle serviteur appréhende la dangereuse vermine comme une force aérodynamique dans un environnement aérien, dont les réacteurs sont robustes et neufs, la portance est optimale, les volets bien réglés ainsi que les forces propulsives. L’ensemble de la mécanique s’unit dans le cockpit où le commandant de bord et l’OPL ou officier pilote de ligne ont techniquement le contrôle des manettes manuelles et automatiques.

Cet aéronef singulier, dont la sustentation est parfaitement compatible avec la direction des vents, dispose d’une soute/magasin pour les combustibles engagés, y compris du carburant de réserve. Ce qui lui dispense d’une opération coûteuse de ravitaillement au moyen de pont aérien, causant parfois des retards dommageables. Il s’élève en effet avec l’ultime but d’effectuer le tour du monde dans un temps record; il transporte une marchandise périssable, qui lui exige d’atteindre les points de destination de manière rapide. Il conjugue alternativement le vol à haute altitude et le vol à basse altitude, selon la mission que le législateur universel – la nature- lui a confiée. En deux temps trois mouvements, toutes les destinations sont atteintes.

C’est-à-dire la vermine venimeuse corrompt le reste de la planète avant de regagner le pays natal, la Chine populaire. En se posant sur le tarmac de l’aéroport de Wuhan, l’équipage de l’aéronef constate avec soulagement que les plaies des premières victimes se referment, et les cicatrices sont à peine visibles. Le pays entier reprend le cours normal des choses qui étaient déjà en devenir, ainsi que celles en perspective. Voilà donc, ici, l’étoffe d’une grande puissance dont le peuple chinois répond librement aux mots d’ordre de ses dirigeants dans les moments les plus difficiles, et dont l’argent ou le capital reste subordonné à l’éthique dans son plus haut sens.

Bilan: le coronavirus enlève déjà à la famille humaine deux millions cent quatre-vingt-dix mille de ses enfants (2 190 000 morts) et en laisse cent un millions d’infectés (101 000 000 de victimes sanitaires). Ces chiffres vont de novembre 2019 à janvier 2021. La vermine cataclysmique ne semble pas avoir peur des vaccins découverts, dont les effets tardent à se faire sentir; encore moins Dieu qui a peut-être peur d’elle avec raison, puisqu’Il est traditionnellement et métaphysiquement représenté dans la peau d’un vieillard. Dieu eût eu 24 vieillards qui se seraient prosternés devant Lui, sankonte ni lè, ni jou, ni semèn, ni mwa, ni ane, ni syèk. Tandis que toutes les personnes âgées ou très âgées – grand âge – sont spécifiquement dans le viseur de l’apocalypse Covid-19. De surcroit, la vermine a mis à l’arrêt le système économique mondial au cours de ses trois répliques.

Haïti, face à la chasse des sacrés vaccins

Il semble que, pour l’heure, le programme vaccinal ne soit pas mis en œuvre pour les nations et peuples sous-développés, si l’on regarde la nature richissime des États occidentaux qui font la chasse au sacro-saint vaccin du laboratoire Pfizer et Biontech, découvreur historique. Il a reçu son brevet le 18 novembre 2020. Haïti jouit d’une protection naturelle, sans laquelle il aurait été victime d’indicibles catastrophes beaucoup plus grandes encore que le séisme du 12 janvier 2010. Parce que de 2010 à 2021, il n’a pas subi de tremblement de terre de cette envergure. Les conditions grabataires ou préhistoriques dans lesquelles est maintenue la majorité écrasante du peuple haïtien sont des conditions favorables au développement des épidémies virales. Nos villes concentrationnaires sont explicatives de cet état de choses inhumain, sinon auquel on ne trouve pas d’épithète à mettre. Il est [état de choses] sans conteste la résultante des pratiques passéistes des élites, dont la production tend à cliver la société à des fins de réussite individuelle au détriment du bien commun.

La protection naturelle, telle que nous l’entendons, est le soleil flamboyant des tropiques qui tue en germe la variété infinie des microbes et des bactéries pathogènes particulièrement contagieuses et mortelles.

Conclusion: Notre proposition

Étant donné qu’Haïti, notre patrie que Dessalines nous légua à toutes fins utiles, ne peut pas compter sur ses traditionnels « amis » que sont les États-Unis, la France et le Canada qui en achètent au comptant le sacro-saint vaccin avant même qu’il ne soit produit. Le poète éternel Dante dirait : « Qu’ici l’on bannisse tout soupçon, et qu’en ce lieu s’évanouisse toute crainte. », dans Divine comédie – L’Enfer, Chant III, page 13

Nous suggérons à l’État d’Haïti et au gouvernement de la République de se tourner vers la Chine populaire ou la Russie, avec le ferme espoir qu’il paierait leur vaccin à un meilleur prix. La communauté scientifique d’ici et d’ailleurs admet que si vous réussissez un plan vaccinal sur la moitié de la population, vous obtiendrez forcément l’immunité collective. C’est ce qui explique la ruée actuelle sur le vaccin Pfizer & Biontech. Le soleil ne peut pas arrêter le virus coronavirus, ni empêcher le choix sélectif des décideurs d’Occident. Ce ne serait donc pas exagéré si nous disions : A bon entendeur, salut! « Un homme averti en vaut deux », dit le proverbe.

Jean-Marie Beaudouin

février 2021;coifopcha.

Auteur

Réagir à cet article