Le 737 MAX autorisé à retrouver le ciel européen à partir de "la semaine prochaine"

Publié le 2021-01-19 | Le Nouvelliste

Après les États-Unis, le Brésil et le Canada, l'Europe autorisera "la semaine prochaine" le retour en vol du Boeing 737 MAX, 22 mois après avoir été cloué au sol à la suite de deux accidents, a annoncé mardi le régulateur européen. 

"Nous pensons la publier (la directive de navigabilité, NDLR) la semaine prochaine. Le MAX pourra de notre point de vue voler à nouveau [en Europe] à partir de la semaine prochaine", a expliqué Patrick Ky, directeur de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) lors d'une conférence de presse par vidéo avec l'association allemande de la presse aéronautique Luftfahrt-Presse-Club (LPC).

"Nous avons atteint le stade où nos quatre prérequis ont été remplis", a poursuivi M. Ky, citant "la bonne compréhension de ce qui s'était passé", le fait que "tous les facteurs qui ont contribué aux accidents soient réglés", qu'un certain nombre de points "critiques" puissent être vérifiés par l'EASA elle-même et que les pilotes soient "correctement informés et entraînés".

"Nous avons bénéficié d'une totale transparence de la part de la FAA et de Boeing", a ajouté M. Ky.

En novembre, l'Agence de l'aviation américaine (FAA), l'organisme de certification primaire s'agissant d'un avion américain, puis les autorités brésiliennes, avaient donné leur feu vert.

Le Canada a donné son autorisation pour une reprise des vols ce mercredi.

La décision de la Chine, où de nombreux 737 MAX ont été vendus, reste en suspens.

L'avion était cloué au sol après deux accidents qui avaient fait 346 morts, Lion Air en Indonésie en octobre 2018 (189 morts) et Ethiopian Airlines en mars 2019 en Ethiopie (157 morts).

La présidente d'une association représentant les proches de 11 victimes européennes de l'accident d'Ethiopian Airlines, Virginie Fricaudet, a déploré auprès de l'AFP "la remise en vol de cet avion" qui "a subi des modifications a minima". "On nous soumet au silence en ne nous informant pas, surtout quand on a conscience de la dimension du scandale", a-t-elle affirmé.

Boeing, officiellement accusé début janvier d'avoir induit les autorités américaines en erreur lors du processus d'approbation du 737 MAX, a reconnu sa responsabilité et accepté de verser plus de 2,5 milliards de dollars pour solder certaines poursuites.

L'autorisation de voler en Europe pour le MAX signifie que Boeing, assommé par les déboires de la dernière génération de son moyen-courrier et par la crise du Covid-19, va pouvoir reprendre ses livraisons à destination du continent européen.

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