Gonaïves : l’opposition exige le respect de la Constitution

Publié le 2021-01-15 | lenouvelliste.com

De nombreux Gonaïviens ont foulé le macadam, vendredi 15 janvier 2021, pour appeler le président de la République, Jovenel Moïse, à conformer aux prescrits constitutionnels. Très remontés, les protestataires appellent au strict respect du 7 février 2021, date qu’ils assimilent à l’échéance du mandat du chef de l’État. Dans le cas contraire, ils menacent de durcir le ton.   

Pour la première fois, depuis les récents évènements de « peyi lòk », la foule a traversé le quartier de Descahos, zone qui était réputée proche du pouvoir, sans aucun heurt. « Tous les quartiers de la ville se sont unis pour contraindre Jovenel Moïse à quitter le pouvoir à la fin de son mandat », a indiqué Fritz Désir, l’un des leaders du mouvement antigouvernemental. En vue de retirer le pays de la crise actuelle, il encourage les autres quartiers populaires à emboîter le pas.

Tout au long du parcours, les manifestants issus de différents secteurs ont été très acides envers le chef de l'Etat. Ils l’ont traité de tous les mots. Certains slogans ont été plus hostiles que d’autres. « Aba Jovenel ! », « Jovenel kòwonpi » « kansè »...

Des militants extrémistes n’entendent pas négocier la date du 7 février 2021. Ils se disent prêts à recourir à des actes de violence pour obtenir satisfaction. « Mete dife, pèp la vle libète », ont scandé un groupe de jeunes qui exigent de meilleures conditions de vie. 

L’ancien leader de l’insurrection anti-Aristide en 2004, Winter Étienne, a été remarqué dans la foule. À l’instar d'autres militants, il s’est dit s'opposer à l'instauration de toute forme de dictature dans le pays. Dans le cadre de la mobilisation, a fait savoir l’activiste, il reste une seule manifestation pacifique. « Après cette manifestation, des changements auront lieu, a déclaré M. Étienne. J’assume la responsabilité ». Après le départ de Jovenel Moïse, il a dit plaider en faveur du jugement de tous les fonctionnaires ayant dilapidé les fonds publics. Selon lui, il est temps de mettre fin au règne de l’impunité. 

La manifestation a pris corps au cœur du quartier populaire de Raboteau. Elle s’est terminée sur la place d’Armes, centre-ville, sans incident majeur. Sur tout le parcours, une patrouille de l’Unité départementale de maintien d’ordre (Udmo) a été remarquée. En dépit des propos provocateurs, les agents ont su garder leur calme.



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