Le MOPOD plaide pour le départ de Jovenel Moïse le 7 février 2021

Publié le 2021-01-13 | Le Nouvelliste

Le Mouvement  patriotique populaire dessalinien (MOPOD) appelle la population haïtienne à se mobiliser à partir du 15 janvier prochain afin de contraindre le chef de l’État, Jovenel Moïse, à quitter le pouvoir le 7 février 2021. « Le président doit céder sa place pour des raisons d’ordre juridique et parce qu’il a commis trois crimes politiques : le parjure, la lèse-liberté et la lèse-humanité », a indiqué Jean-André Victor dans une conférence de presse organisée le mardi 13 décembre. Pour l’instant,  l'homme politique encourage l’opposition à formuler une proposition unique  pour le gouvernement de transition, à trouver un accord politique pour sanctionner ce pouvoir.

La mobilisation doit être générale et doit s’étendre jusqu'à la victoire finale, c’est-à-dire jusqu'au départ du locataire du Palais national, préconise le MOPOD. Le coordonnateur de cette structure ne s’est pas contenté de dire que le chef de l’Etat a l’obligation de tirer sa révérence le 7 février prochain, il a avancé plusieurs raisons. « Le président ne peut pas rester au pouvoir pour des raisons juridiques. Baton ki bat chen nwa a ebyen baton sa a k ap bat chen blan tou. Puisque le président a renvoyé les sénateurs parce qu’il a estimé que leur mandat a pris fin, lui aussi doit être jugé par cette même règle suivant l’article -2 de la Constitution en vigueur », a-t-il soutenu.

S’ensuivent ensuite les raisons politiques. Le président qui manifeste la volonté de rester au pouvoir jusqu’au 7 février 2022 a commis trois crimes politiques selon l’agronome Jean- André Victor. Le premier crime est le parjure, le non-respect de la constitution. « Cette situation de parjure est  due au fait que le président n’as pas honoré  son serment de respecter la Constitution et de la faire respecter le met dans une position où il n’inspire plus confiance », a-t-il avancé. « C’est le plus gros crime qu’un chef d’État puisse commettre : renier la Constitution sur laquelle il a prêté serment », a-t-il poursuivi.

Jovenel Moïse est allé plus loin dans ses actes qui l’ont conduit au deuxième crime, poursuit l’homme politique. «  Il ne s’est pas contenté de violer la Constitution, il a annoncé qu’il la modifiera. C’est un crime de lèse-liberté, c'est-à-dire il n’a pas respecté la liberté des citoyens, la souveraineté populaire », a affirmé l’opposant au régime en place.

Monsieur Moïse est aussi accusé d’avoir commis le crime de lèse-liberté parce qu’il a prévu d’organiser le carnaval en pleine expansion du coronavirus. Face à la propagation du virus, André Victor a estimé que le garant de la bonne marche des institutions expose la population au danger.

Dialogue et accord politique 

Le MOPOD a pour base la conférence nationale, a rappelé l’agronome Victor qui veut se positionner en faveur du dialogue. Selon lui, il faut des préalables. Le président doit créer des conditions pour ce dialogue. « Créer des conditions pour ce dialogue veut dire relâcher les prisonniers politiques, procéder à l’arrestation des bandits ». On ne  peut parler de dialogue si le président « ap pike devan » pour faire référendum ou avec un Conseil électoral provisoire inconstitutionnel en place, a soutenu l’agronome

Dans ce contexte, M. Victor croit qu’il est important pour l’opposition de faire une proposition unique pour le gouvernement de transition,  de trouver un accord politique pour sanctionner le travail de la transition. « Cet accord  doit contenir la composition  du pouvoir de transition, son agenda, sa feuille de route… »

La crise est multidimensionnelle. Elle s’est développée et a atteint un niveau global. Cette dimension globale qu’elle a atteinte pousse le coordonnateur du MOPOD  à inviter tous les secteurs de la vie nationale à participer au processus visant à dénouer la crise actuelle. L’accord politique est indispensable pour toute sortie de crise, a ajouté André Victor, rappelant que le MOPOD a élaboré en 2013 un document de proposition de crise nommé « Réforme et révolution » et qu'il est toujours d’actualité.

Germina Pierre Louis Auteur

Réagir à cet article