Insécurité et manque d’infrastructures, les cauchemars des personnes vivant dans les camps et les sites de relocalisation

50 000 personnes vivent dans ce qui reste des nombreux camps d’hébergement qui se sont spontanément créés après le violent séisme du 12 janvier 2010 et des sites de relocalisation dans le pays. 11 ans après, l’organisation de défense de droits humains RNDDH estime que ces gens « pataugent continuellement dans la misère, dans l’insalubrité » et sont confrontés à une insécurité chronique.  

Publié le 2021-01-13 | Le Nouvelliste

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), dans un communiqué publié à l’occasion de la commémoration du séisme du 12 janvier 2010, a fait savoir que pas moins de 50 000 personnes sont éparpillées dans 26 camps d’hébergement et sites de relocalisation, notamment à Delmas, Léogâne, Pétion-ville et Port-au-Prince. Vivant dans « la négation de leurs droits fondamentaux », ils font continuellement face à « l’insécurité en raison des attaques armées qu’ils subissent d’individus qui tentent de les expulser ou qui veulent tout simplement avoir le contrôle des espaces qu’ils occupent ».

La situation sécuritaire, selon le RNDDH, reste très précaire et diffère d’un endroit à un autre. Avant d'évoquer quelques cas d’attaques armées à Tabarre, Issa de Greffin, Tabarre et Pétion-ville, l'organisation de défense des droits humains avance que les résidents ont confié être « maintenus depuis plusieurs années sous pression pour abandonner l’espace ». En raison des attaques continuelles qu’elles subissent, 544 familles vivant dans ce camp ont cotisé pour faire ériger une barrière autour du site. Malgré cela, elles continuent d’être la proie de bandits armés.

À proximité de certains camps et sites de relocalisation, des sous-commissariats et antennes ont été implantés ces dernières années et ont fait baisser les actes d’insécurité et de banditisme. Toutefois la majorité des sites qui se trouvent éloignés de toute instance de police connaissent une situation sécuritaire très préoccupante. « Elle est caractérisée par des actes de violence et des pressions pour porter certaines communautés à abandonner les espaces occupés, par des attaques armées perpétrées par des bandits armés vivant dans les sites concernés, par l’invasion de ces sites par des bandits armés en provenance d’autres zones », a indiqué le RNDDH.

« Des bandits armés se sont installés à Onaville, à Croix-des-Bouquets et y sèment la terreur. Par exemple, en octobre 2020, à la faveur d’un affrontement entre deux chefs de gangs, plusieurs abris provisoires du bloc 1 ont été incendiés. […] À Voix-des- Sans-Voix, Léogâne, les résidents affirment subir continuellement des menaces et agressions de la part de membres de la famille Lambert qui affirment que les 32 carreaux de terre sur lesquels ils sont installés leur appartiennent. Des individus armés, à leur solde, sèment la terreur, parcourent le camp et inscrivent « À démolir » sur les murs des maisons. L’affaire est pendante  devant la justice », poursuit l’organisation de droits humains.

À côté de la situation générale déjà très préoccupante et de l’insécurité, lors de ces visites de monitoring, le RNDDH avance que le manque d’infrastructures et la situation sécuritaire ont fait l’objet de vives préoccupations. Ces citoyens « oubliés par les autorités étatiques n’ont pas un minimum d’accès aux services de base », c'est-à-dire des latrines, centre de santé, l’eau de service journalier et encore moins l’eau potable. « L'électricité, distribuée sur certains sites de manière anarchique, met la vie des résidents en danger », a poursuivi le RNDDH, jugeant au passage que « la majorité des enfants en âge d’être scolarisés fréquentent des établissements privés qui sont souvent éloignés des sites », ce qui augmente les débours pour les parents et, par conséquent, les risques d’abandon de l’école pour les enfants.

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