Soirée poétique au centre Pen

, Dans le but de promouvoir la lecture et la production poétique, l’association Banquet Poétique, de concert avec le centre PEN Haïti, a organisé, jeudi dernier, une soirée baptisée «Réveillon poétique». Cette soirée qui s’est tenue dans les locaux du centre PEN, situé à la rue Levasseur, à Delmas 75, à donné lieu à un ensemble d'activités : vente-signature, témoignages, rencontres et récitals.

Publié le 2021-01-12 | Le Nouvelliste

C'est dans la cour du Centre Pen jeudi dernier que ledit spectacle a eu lieu. Les organisateurs ont offert une grande soirée empreinte de mots et de son. Les participants ont répondu en grand nombre dans  cette soirée dédiée à la littérature et la poésie. Autour des tables, des poètes en herbe, des diseurs, et des grandes figures de la littérature haïtienne. Ils étaient tous réunis pour célébrer l'art poétique. 

Pour lancer la soirée, le poète Coutechève Lavoie Aupont prête sa voix au recueil « L’encre est ma demeure » et à quelques autres poèmes de Georges Castera. Le public se laisse aller par ces beaux vers de ce poète qui a marqué à l'encre fort la littérature haïtienne. Coutechève,  poète de son état, a lu aussi quelques poèmes de Davertige, de René Philoctète. Lorsque l’auteur de «Make Pa» se tait, c’est un monde d’applaudissements qui retentit.

Dans son discours de circonstance, la présidente de l’association Banquet Poétique, Cherlie Rivage,  sourire au visage, a tenu à remercier le public. Elle dit voir en la soirée un signe d'amour et de partage. «On a connu une décennie difficile en Haïti : tremblement de terre, Matthew, massacres à la Saline, kidnapping, sans oublier la Covid-19. Alors, on s'est dit que pourquoi ne pas terminer cette décennie aussi difficile dans l'amour, dans le partage comme signe qu'on veut continuer à vivre malgré nous. Voilà, entre autres, l'une des raisons de ce réveillon.» 

C'était une belle soirée. Trois jeunes auteurs en  ont profité pour  signer leurs livres. Il s’agit de Célimène Bastia avec son recueil « Ochan pou gouyad », publié aux éditions Couleurs d'encre, « Made in kay vwazen » de Inema Jeudi et le dernier livre de Darly Renois « Myèt Moso » publié aux éditions « Kri Ekri ».
Prenant la parole, Célimène Bastia a déclaré que sa participation à cette soirée revêt une portée symbolique. «Je ne pourrais mieux clôre cette année chaotique, éclaboussée de sang de tant d’innocents qu’en me retrouvant parmi nous. Nous qui avons un amour en commun pour la littérature et la poésie.»

Pour sa part, Darly Renois, venu de Jérémie, a confié : «L’écriture est pour moi une activité de partage, un acte de libéralité. Grâce aux mots, je partage ma joie de vivre et ma colère. J’écris pour me rendre utile en tant qu’être humain. J’écris pour être plus proche de l’humain. Un écrivain c’est un ami de proximité, j’imagine souvent mon livre au chevet ou sur le lit de quelqu’un. L’écriture a cette capacité de déplacer notre imaginaire, notre création.»

Le poète jérémien  a conquis le cœur de l'assistance avec quelques poèmes de son dernier livre «Retay Mo», publié aux éditions Kri Ekri. Soulignons que les poèmes de Myèt Moso posent le problème de l’identité, de l'amour, et des dérives de l'État. Darly Renois utilise plusieurs images surréalistes comme s’il lui fallait transcender le concret pour exprimer ce qu’il ressent. «Myèt Moso» est un chant dédié à la vie, à l’espoir, mais un espoir fragile qui peut conduire à l'angoisse.
 

Ricot Marc Sony Auteur

Réagir à cet article