Gonaïves/Insécurité : la police interpelle un hougan et incendie son hounfor

Publié le 2021-01-07 | lenouvelliste.com

Les autorités policières et judiciaires ont appréhendé mardi, dans la localité de Poteau, 4e section des Gonaïves, Wadson Norvely, alias Tèt Zo, un prêtre vaudou qui serait de connivence avec un groupe de gangs terrorisant la population.  Le chef de la poursuite pénale, Me Sérard Gasius, s’est réjoui de la réussite de cette opération. Il en profite pour inviter les autres bandits à changer de métier s’ils souhaitent rester en vie. 

L’accusé serait un élément dangereux, selon le chef du parquet près le tribunal civil des Gonaïves. Dans son hounfor, il aurait hébergé des bandits qui sèment la pagaille dans les communautés. La majorité des actes de kidnapping et de vol, a indiqué Me Gasius, sont planifiés dans cet espace sacré. « Le temple sert d’abri aux bandits. Nous l’avons incendié en vue de démanteler définitivement le groupe », a-t-il renchéri. Le commissaire a souligné que cette méthode serait utilisée dans toutes les opérations visant à déloger les gangs. 

Tèt Zo était dans la ligne de mire de la police. Il aurait échappé à une précédente opération où les forces de l’ordre avaient neutralisé deux de ses acolytes. Présentement, le suspect répond aux questions du Service départemental de la police judiciaire.  « Tous les bandits seront traqués et punis avec rigueur », a déclaré Me Sérard Gasius. Il appelle à la collaboration de la population afin de renforcer la lutte contre le banditisme. 

Le nouveau directeur de la police dans l’Artibonite, Jacques Ader, a, pour sa part, réaffirmé sa volonté de pacifier la région. De son avis, il est inconcevable que des civils armés prennent en otage de paisibles citoyens. De concert avec les autres autorités compétentes, le responsable s’est dit engagé à mettre tout en œuvre pour protéger et servir la population. 

Depuis plusieurs semaines, dans la commune de Liancourt, l’insécurité bat son plein. Des bandits notoires enlèvent, violent et pillent comme bon leur semble. Du 31 décembre dernier au 4 janvier, selon des sources concordantes, pas moins de six personnes ont été kidnappées. Dans l’objectif d’inciter les autorités à assumer leurs responsabilités, de nombreuses personnes ont investi les rues pour exprimer leurs frustrations.



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