Gonaïves n’a pas célébré la fête de l’Indépendance, la mairie déplore l’inaction du pouvoir central

L’on ne dira pas qu’il y avait eu des fêtes de fin d’année 2020 dans la ville des Gonaïves, où la plupart des rues plongent dans l’insalubrité, des quartiers dans un black-out sévère depuis des mois. Mais tant bien que mal, elle a tenté de rester debout en dépit des conditions de vie difficiles. La ville où fut proclamée la liberté de la nation n’a pas pu organiser, une fois de plus, la célèbre fête de l’Indépendance le 1er janvier 2021. Impuissant, le nouveau cartel municipal intérimaire évoque l’indifférence des autorités centrales et regrette, du même coup, la passivité des citoyens de cette ville face à cette célébration.  

Publié le 2021-01-05 | lenouvelliste.com

Les citoyens de la quatrième ville du pays n’ont pas eu besoin de savoir que le président ne viendrait pas prononcer le traditionnel discours de l’an à la place d’armes des Gonaïves pour ne s’attendre à aucune activité de célébration, nonobstant le traditionnel Te Deum chanté à la cathédrale du Souvenir. Pour une nouvelle année consécutive, le chef de l’État n’y était pas. Aucun décor. Aucune préparation. Pas de parade militaire. Ni de gerbes de fleurs déposées par les autorités au pied des statues de nos héros de l’indépendance. « Nous avons été laissés seuls même à la messe. Ni le délégué (départemental), ni les directeurs départementaux (des différents ministères), encore moins les forces de l’ordre n’ont assisté au Te Deum », déplore le maire principal Donald Diogène, installé depuis le 11 novembre 2020, aux côtés de Nicaëla Bien-Aimé et Fontaine Badio au poste de maires assesseurs.  
 
Les autorites municipales, qui n'ont jusqu'ici pas accès au compte de la mairie pour débiter de l'argent, disent n’avoir pas eu de moyens pour célébrer la fête de l’Indépendance. Le maire Diogène dit regretter que le gouvernement, pour sa part, n’ait débloqué le moindre centime pour organiser une quelconque célébration de l’indépendance. « Toutes nos planifications sont tombées à l’eau. Nous n’y pouvions rien. Nous avons retrouvé une mairie dysfonctionnelle, totalement dénudée. Sans registre, ni de département de ressources humaines. Tout le matériel tombe en panne. Au point de vue administratif, tout est à zéro ici », a déclaré le maire, responsable d’entreprise.
 
« Nous déplorons énergiquement l’attitude des autorités centrales face à la cité de l’Indépendance ,a-t-il lâché, regrettant le silence de la présidence et du cabinet ministériel qui manifestent une certaine indifférence par rapport à la ville dans le cadre de cette célébration. « Comme si la ville des Gonaïves leur paraissait insignifiante. Comme si l’indépendance n’avait aucune valeur à leurs yeux.  La ville des Gonaïves ne mérite pas ce traitement. Autorités du pouvoir central, vous êtes toutes coupables. Vous êtes responsables de ce que la population est en train de traverser en ce moment », a fustigé le maire, qui appelle à une amélioration des relations entre le pouvoir exécutif et les municipalités. « Les relations entre le pouvoir et la commune des Gonaïves doivent changer, notamment durant les moments de la célébration de la fête de l’Indépendance », a exhorté celui qui a appellé également à la responsabilité citoyenne.
 
Une dette de 22 millions de gourdes pour la mairie ?

Visiblement, pieds et poings liés, les autorités (membres du nouveau cartel municipal intérimaire) sont dépourvues des moyens de leur politique. Installé en novembre, le nouveau cartel de la municipalité des Gonaïves est confronté à des difficultés énormes. Les nouveaux maires héritent d’une dette évaluée à 22 millions de gourdes. Quatorze mois d’arriérés de salaire. « C’est vraiment compliqué », a martelé le maire principal, Donald Diogène, dépassé par cette réalité. La plupart des employés ou contractuels abandonnent leur poste puisque les autorités ne parviennent toujours pas à s'acquitter de leurs dettes.

Par ailleurs, la cité de l’Indépendance a passé ses fêtes de fin d’années dans le noir. Il suffisait d’un week-end aux Gonaïves pour mesurer à quel niveau l’absence de l’électricité est pesante. En effet, depuis des mois, les citoyens de différents quartiers ne cessent de s’en plaindre. Tout le matériel de l’actuelle direction de l’EDH est tombé en panne. Les autorités tentent, confirme le maire, par tous les moyens de remédier à cette situation qui a trop duré. De ce fait, l’ambiance reste morose dans la ville. Les citoyens critiquent les autorités municipales qui, de leur côté, attendent que le pouvoir central leur tende la main pour avancer.



Réagir à cet article