Le rapport du développement humain 2020 classe Haïti au 170e rang mondial sur 189 pays

Publié le 2020-12-17 | lenouvelliste.com

Le Rapport du développement humain 2020, publié le 15 décembre 2020 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) autour du thème «La prochaine frontière: le développement humain et l'anthropocène», relègue Haïti au 170e rang mondial parmi 189 pays et territoires et place le pays dans la catégorie « développement humain faible » avec un indice de développement humain (IDH) qui s’établit à 0.510 sur 1. Cette position d’Haïti au classement est partagée avec le Soudan.

Pour cette année 2020, qui marque le 30e anniversaire du premier rapport sur le développement humain et de la mise au point de l’indice de développement humain (IDH), Haïti a encore enregistré un recul d’une place dans ce classement par rapport à l’année précédente et aussi de l’année antérieure par rapport à l’année d’avant (170e rang sur 189 pays, contre 169e l’année dernière et 168e en 2018).

Avec un IDH de 0,510 sur 1 (plus cette valeur est proche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé), la République d’Haïti maintient son statut de seul pays de la région Amérique latine et Caraïbes à faire partie de la catégorie  des pays à « développement humain faible » et éprouve toutes les peines du monde à faire jeu égal avec ses trois principaux voisins de la sous-région, à savoir : Cuba (70e sur 189 pays et territoires avec un IDH de 0,783 qui le place dans la catégorie du développement humain élevé) ; République dominicaine (88e sur 189 pays et territoires avec un IDH de 0,756 qui le place dans la catégorie du développement humain élevé) ; et Jamaïque (101e sur 189 pays et territoires avec un IDH de 0,734 qui le place dans la catégorie du développement humain élevé).

La République dominicaine a gagné une place par rapport au classement de l’an dernier (88e), à l’instar de Cuba qui en a gagné deux (70e) tandis que la Jamaïque a régressé de 5 places (101e). 

« Entre 1990 et 2019, l'espérance de vie à la naissance en République dominicaine a augmenté de 7,5 ans, les années moyennes de scolarité ont augmenté de 3,2 ans et les années prévues de scolarité ont augmenté de 2,7 ans. Le RNB de la République dominicaine par habitant a augmenté d’environ 196,1% entre 1990 et 2019 », peut-on lire dans la fiche pays présentant la République voisine.

Établi par le Bureau du Rapport sur le développement humain (BRDH) il y a trente ans pour servir d’indicateur simple du progrès humain, l’IDH a été rendu public afin d’orienter le débat sur les progrès du développement en s’écartant du PIB pour se rapprocher d’un indicateur qui « compte » véritablement pour la vie humaine, et depuis il a gagné en popularité grâce à sa formule de calcul simple mais complète qui évalue l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le revenu moyen d’une population.

Entre 1990 et 2019, l’IDH d’Haïti a progressé, passant de 0.414 à 0.510 (soit une hausse de 23.2 %), l’espérance de vie à la naissance en Haïti a augmenté de 9.7 années, la durée moyenne de scolarisation a augmenté de 2.9 années et la durée attendue de scolarisation a augmenté de 2.5 années. Par contre, le RNB par habitant d’Haïti a diminué de près de 21.7 % sur la même période.

Selon le rapport, l’IDH d’Haïti, à savoir 0.510, est inférieur à la moyenne des pays du groupe à développement humain faible, établie à 0.513, et inférieur à la moyenne des pays de l’Amérique latine et les Caraïbes, établie à 0.766. « Parmi les pays de l’Amérique latine et les Caraïbes, les données d’Haïti sont comparées avec celles du Guatemala et du Honduras, dont les IDH se situent à la 127e et à la 132e place, respectivement », informe le PNUD.

Cependant, lorsque cette valeur est revue à la baisse pour tenir compte des inégalités, l’IDH d’Haïti descend de 0.510 à 0.303, soit une perte de 40.6 % due aux inégalités dans la répartition des indicateurs des dimensions de l’IDH. « La perte moyenne due aux inégalités est de 31.4 % pour les pays à IDH faible et de 22.2 % pour les pays de la région Amérique latine et les Caraïbes. Le coefficient d’inégalité humaine pour Haïti est égal à 40.0 % », poursuit le rapport.

Outre l'indice de développement humain (IDH), le BRDH publie chaque année quatre autres indices comme l'indice de développement humain ajusté aux inégalités (IHDI), l'indice de développement de genre (IDG), l'indice d'inégalité de genre (IIG) et l'indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM).

Haïti affiche un IIG de 0.636 qui le place au 152e rang sur 162 pays étudiés dans le rapport. « En Haïti, 2.7 % des sièges parlementaires sont occupés par des femmes et 26.9 % des femmes adultes ont atteint un niveau d’éducation secondaire, contre 40.0 % des hommes. Sur 100 000 naissances vivantes, 480 femmes décèdent de causes liées à la grossesse et le taux de fécondité chez les adolescentes est de 51.7 naissances pour 1,000 femmes âgées de 15 à 19 ans. Le taux d’activité des femmes est de 61.9 %, contre 72.8 % pour les hommes », détaille le rapport.

Pour estimer l’IPM d’Haïti, les données d’enquête les plus récentes accessibles au public et utilisées concernent l’année 2016/2017. En Haïti, 41.3 % de la population vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle et 21.8 % autres sont considérées comme des personnes vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle. En Haïti, l’ampleur (l’intensité) des privations, c’est-à-dire le score moyen de privation dont souffrent les personnes en situation de pauvreté multidimensionnelle, s’élève à 48.4 %. L’IPM, soit la proportion de la population vivant en situation de pauvreté multidimensionnelle, ajusté en fonction de l’intensité des privations, est de 0.200.

Par ailleurs, pour la première fois de son histoire, le rapport du PNUD propose un nouvel indice expérimental du progrès humain qui tient compte des émissions de dioxyde de carbone et de l'empreinte matérielle des pays. Ce rapport souligne que les pressions sur l’environnement sont devenues si importantes que les scientifiques affirment que la Terre est entrée dans une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène. Si ces pressions exercées sur la planète étaient prises en compte par pays pour mesurer le développement, l’indice de plus de 50 pays qui semblent très avancés aurait drastiquement chuté, selon le rapport. Adoptant un ton ferme, le rapport indique que ce progrès s’arrêtera certainement si les gouvernements ne prennent pas des mesures drastiques pour alléger l’importante pression sur l’environnement. 



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