Tique : ce vecteur quasi méconnu des Haïtiens

Publié le 2020-12-21 | Le Nouvelliste

Ce petit arthropode faisant partie de l'ordre d'arachnide acarien est un ectoparasite des vertébrés.Les tiques sont la deuxième plus grande famille des vecteurs après les moustiques et elles sont capables de transmettre d’innombrables maladies infectieuses d’ordre bactérien et viral tant aux animaux qu'aux être humains.

Les infections qu’elles transmettent peuvent être aussi mortelles et parfois même plus que celles transmises par les moustiques et elles sont considérées comme un problème de santé publique mondiale. Partant de la babésiose, dont le diagnostic est souvent confondu avec la malaria dû aux similarités des symptômes, jusqu’à la fièvre hémorragique de Crimée-Congo semblable et aussi redoutable que l'ébola, pour ne citer que celles-là.

Elles ont une distribution globale, c’est-à-dire qu'on les trouve partout, généralement sur les animaux domestiques tels que les chiens, les bœufs, les chevaux, ainsi que sur les rongeurs, les reptiles et les oiseaux. À la différence des moustiques, elles n'ont pas d’ailes et elles ne se déplacent qu'en marchant sur leurs quatre pattes et ont aussi la particularité de sécréter des substances anesthésiques dans la peau de leur hôte à travers leur salive. Ce qui rend leur morsure quasi imperceptible.

Compte tenu du potentiel danger que ce vecteur représente pour les humains, des recherches ont été déjà effectuées sur eux partout dans le monde. Pourtant en Haïti, sa capacité vectorielle est quasi méconnue.

Suivant une petite enquête que j’ai moi-même menée pour déterminer la connaissance des Haïtiens sur les maladies transmises par les tiques, 188 /200, soit 94% des participants ont affirmé n’avoir aucune idée sur ce sujet. Je sais que le résultat de cette étude n’est pas vraiment indicatif pour tirer une conclusion, vu le nombre des participants par rapport à la taille de la population. Mais la preuve flagrante, c’est qu'il existe très peu d’études faites sur les tiques en Haïti, pour ne pas dire aucune.

Face à ce problème, il est de la responsabilité du ministère de la Santé publique et de la Population d’éduquer et d'alerter la population sur les maladies transmises par les tiques et d'inciter les gens à chercher de l’aide médicale en cas de morsure.

Jery Espérance, MD, M.Sc.,

Médecine tropicale

Email : jexesp99@gmail.com/

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