Journée internationale des droits humains

Le RNDDH s'inquiète de la dégradation de la situation actuelle et des velléités dictatoriales du président

Publié le 2020-12-10 | Le Nouvelliste

À l'occasion de la Journée internationale des droits humains, le jeudi 10 décembre 2020, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a dénoncé la situation délétère dans le pays caractérisée depuis quelque temps par la violation systématique des droits fondamentaux et des libertés individuelles des citoyens. Pour l'organisation des droits humains, les assassinats spectaculaires, les tueries dans les quartiers populaires, les cas d'enlèvements contre rançon ainsi que les nombreux accrocs à la démocratie et à la bonne gouvernance constituent la toile de fond de la situation générale de droits humains. 

Avant de brosser un tableau sombre des faits macabres de l'année 2020, l'organisation de défense des droits humains rappelle que « pour la seule année 2020, au moins 185 personnes, dont 25 femmes et cinq mineurs, ont perdu la vie lors des massacres et attaques armées enregistrés dans les quartiers défavorisés du département de l’Ouest. Au moins 32 agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont été assassinés par balle ; au moins 525 personnes ont perdu la vie à la faveur de l’insécurité générale qui sévit à Port-au-Prince et au moins 106 détenus sont décédés en prison ».

L'année 2020, souligne le RNDDH, a été marquée par des crimes spectaculaires jamais répertoriés auparavant dans le pays depuis 1986. Des personnalités comme Lhérisson-Lamothe, Michel Saieh, Grégory Saint-Hilaire, Evelyne Sincère et le bâtonnier Monferrier Dorval ont été fauchées. Aussi, plusieurs enfants ont perdu la vie dans l’indifférence totale des autorités étatiques comme les deux nourrissons Merry Djuna Fleurimond (11 mois, Cité-Soleil) et Godson Joseph (5 mois, Ganthier). 

Toujours au courant de cette année, le RNDDH rappelle que plusieurs femmes avancées en âge ont subi des viols collectifs. 2020 est également l’année où « les autorités étatiques ont ouvertement invité les gangs armés à se fédérer et se félicitent d’avoir pu le faire. Les gangs armés, réunis autour du G-9 en Fanmi et alliés, ne cessent de semer le deuil au sein de la population haïtienne, avec la bénédiction des autorités étatiques qui continuent de leur fournir de l’argent, des armes ainsi que des munitions », a avancé le RNDDH.

Le processus de gangstérisation du pays, selon l'organisation de défense de droits humains, s’est accéléré cette année, sans oublier la recrudescence des cas d'enlèvement et de séquestration contre rançon touchant toutes les couches sociales. Des médecins, des musiciens, et même un ancien joueur de football ont été enlevés, séquestrés contre le versement de rançon. L’institution policière, poursuit le RNDDH, dépassée par la situation et comptant parmi ses troupes, des agents enlevés, séquestrés puis libérés après avoir versé des rançons, ne peut fournir d’informations précises quant au nombre de personnes victimes du kidnapping depuis le début de l’année 2020.

Les décrets et les velléités dictatoriales du président

En plus « des cas inédits de violation des droits humains », le RNDDH a souligné qu'au cours de cette année les autorités au pouvoir ont décidé de dévoiler avec beaucoup d’arrogance, leurs velléités dictatoriales par l’adoption de textes de loi amenuisant les droits fondamentaux et libertés individuelles du peuple haïtien. Ces décrets violent pour la plupart, les dispositions de la Constitution et des différents instruments régionaux et internationaux de protection des droits humains, ratifiés par Haïti, a ajouté le RNDDH. 

Les deux derniers décrets relatifs à la création de l’Agence nationale d’intelligence (ANI) et au renforcement de la sécurité publique en Haïti, adoptés le 25 novembre 2020, a estimé le RNDDH, réduisent considérablement les droits fondamentaux et libertés individuelles, transforment en actes terroristes, des délits ainsi que des crimes de droit commun et accordent un pouvoir extrajudiciaire à une agence dont les membres ne doivent rendre compte qu’au président de la République lui-même. Dans l’objectif de faire échec à ce pouvoir, le RNDDH a invité la population à se mobiliser en vue de défendre les acquis démocratiques pour lesquels elle s’est battue durant de nombreuses années.  

Ses derniers articles

Réagir à cet article