Gonaïves/campagne d’hiver : les planteurs s’inquiètent, les autorités rassurent

Publié le 2020-11-27 | lenouvelliste.com

Dans la basse plaine des Gonaïves, l’installation de quinze pompes à énergie solaire est en cours. À quelques semaines de la campagne d’hiver, ces chantiers qui devaient s'achever depuis cinq mois environ commencent à inquiéter les bénéficiaires. L’agriculture étant leur unique source de revenu, ces derniers demandent aux autorités concernées de redoubler d’efforts afin que les pompes soient opérationnelles au plus vite. 

En cette période de l’année, certaines parcelles sont arrosées par la rivière Quinte. Les planteurs en profitent pour cultiver des légumes et d’autres plantes maraichères. Sans aucune certitude, ils font actuellement des prévisions pour la campagne de haricot. La rivière ne tiendra pas toute la saison. « Depuis 1986, nous n’avons jamais réussi une campagne d’hiver. Les plantations sont toujours détruites par la sécheresse », s’est alarmé Fancy Lerzier, porte-parole de l’Association des planteurs pour sauver la plaine des Gonaïves (APSPG).  

Les pompes sont l’unique espoir des cultivateurs qui misent sur les récoltes de haricot pour se refaire une santé économique.  Ils ont été frappés de plein fouet par le mouvement « peyi lòk » et la Covid-19. Coincés entre le doute et le désespoir, les planteurs lancent un vibrant appel à la direction départementale de l’Agriculture pour l’inciter à accomplir sa mission. « Les terres sont là. Nous n’attendons que l’eau, a indiqué Arnold Etienne. Nous voulons être rassurés du bon déroulement de la campagne. »

Lancée en avril dernier, la réparation du système d’irrigation de la basse plaine devrait normalement s’étendre sur 90 jours. Huit mois plus tard, seulement cinq des quinze pompes concernées sont installées et équipées de panneaux solaires. M. Hasboune Mondélus, un « grandon » de la localité de Basen Distribisyon, 1re section, a dénoncé ces irrégularités préjudiciables. « Le chef de l’État doit honorer ses promesses. Les paysans n’en peuvent plus », s’est-il fâché.  

Joint par téléphone, le directeur départemental de l’Agriculture, l’Agr. Renaud Géné, demande aux cultivateurs de garder leur calme. Avant la campagne d’hiver, a-t-il promis, l’eau ruissellera dans les champs. « Les techniciens sont à pied d’œuvre. À l’exception d’une pompe qui est abîmée à Tarasse, toutes les autres ont été installées. L’installation des panneaux va bon train », a-t-il indiqué. Les retards enregistrés dans l’exécution du projet sont d’ordre administratif, a expliqué le responsable.  

L’année dernière, la campagne de haricot n’a pas eu le succès escompté. Elle a été perturbée par la sécheresse et un manque d’encadrement technique. Un groupe de planteurs avaient même menacé d’intenter une action en justice contre les responsables qui leur auraient fourni des semences de mauvaise qualité.



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