"Bon bagay", le nouvel album de Beethova Obas

Publié le 2020-11-19 | lenouvelliste.com

Ce 18 novembre 2020, Beethova Obas a lancé « Bon bagay », son 7e album. L’œuvre se veut une invitation au réveil destinée aux peuples opprimés qui ont subi l’esclavage. Pour célébrer en beauté ce lancement, le chanteur nous donne rendez-vous ce 21 novembre 2020 à midi (heure haïtienne) sur Facebook avec d’autres artistes dont Jocelyne Béroard, Fabrice Rouzier et d’autres célébrités, comme Fabienne Colas.

Beethova Obas n’est pas de ceux qui vont vite en besogne. Et pour cause, il lui a fallu de longues années et l’agencement de plusieurs événements pour créer « Bon bagay », la chanson qui lui inspire le titre de son nouvel album. L’artiste qui se produisait au baptême du Festival de Jazz de Port-au-Prince se souvient que ce soir-là, un batteur mexicain qui se retrouvait là lui a demandé en coulisse ce que signifie « Bon bagey ». Le chanteur,  qui se rend compte que son collègue voulait dire « bon bagay » lui en explique le sens. Le Mexicain a donc balbutié un air avec le mot dont il vient d’apprendre le sens. Les années passent et Beethova, se retrouvant jusqu’en Europe, se réveille un matin tout consterné comme la plupart de nos compatriotes par la sortie polémique du 45e président Donald Trump sur notre pays et sur ceux d’Afrique. « Je ne pouvais dormir tranquillement. J'étais en colère de constater qu’il allait dans le même sens que Bill Clinton qui longtemps avant avait traité notre pays d’arrière-cour donc de l’espace pour déposer les poubelles… Cela me consterne en le sens que ces gens qui nous traitent de moins que rien sont en fait ceux-mêmes qui nous ont poussé vers là. On a subi l’esclavage on ne l’a pas choisi », explique l’éminent chanteur-guitariste. "Bon bagay" a donc trouvé la base de son texte. Beethova ne voulait pas se limiter aux lamentations. Dans « Bon bagay », il est question d’inviter pas seulement nous autres Haïtiens  mais aussi tous les peuples du monde traités par les autres comme étant de seconde zone à reconnaître d’abord qu’ils sont de « bon bagay », ensuite œuvrer eux-mêmes à leur réveil.

L’album parle d’autres thèmes mais qui sont tous liés à celui de la chanson titre. "Liberasyon", qu’il partage avec sa fille Brayina, l’unique invitée sur l’opus, évoque un dialogue, un échange où cette dernière demande qu’on arrête avec les luttes et à la place enseigner à cette génération comment aborder demain.

Dans "Ponte de pie", il rend hommage à Cuba. « C’est un pays, dit-il, qui est sous un embargo depuis des décennies mais qui produit la cohiba, une cigare de première qualité qu’on fume à la Maison-Blanche, dans les pays qui lui ont imposé cet embargo. » Le son se veut un hommage aussi à Anélius Cadet, un artiste twoubadou qui se produisait à la Loterie nationale comme tant d’autres, le vendredi.

"Traka" nous rappelle qu’on ne partira avec rien dans l’au-delà, qu’il vaut mieux se concentrer sur l’essentiel dans la vie. "Bio"est un peu comme un complément à "Traka", elle ironise la hype du « bio ». « Le bio est au fait sans étiquette, or des gens s’arrogent le droit de décider de ce qui l’est ou pas. Au fond, cette étiquette  est un prétexte pour vendre plus cher », note le chanteur. "Oya Pock" est une reprise de la chanson du même nom de Jessy Masse. C’est la nostalgie d’une riveraine de ce fleuve qui baigne l’Amazonie et la Guyane qui se retrouve dans l’Hexagone.

L’album aura coûté plus de 10 ans de préparation  au chanteur. « Je suis capteur d’énergies. Je sais ce que mes fans attendent de moi, par conséquent je ne peux m’autoriser de faire vite. » Les deux dernières années ont été les plus laborieuses.

Sur son regard sur la marche du temps,  la génération actuelle, Beethova Obas confie que rien n’a changé, si ce n’est que la façon de transmettre les messages. Lui, à 32 ans de carrière, il ne peut changer de sujet puisque les situations dont il traite ne s’améliorent pas. Ses chansons des années 90 reflètent bien encore nos réalités d’aujourd’hui. L'artiste salue le courage de BelO, de BIC et de tant d’autres  qui entretiennent le flambeau. Pour lui, on doit plutôt se réjouir que chaque génération ait sa façon d’aborder la musique engagée.

"Bon bagay", la chanson, fera l’objet d’un remix sur lequel participera son frère Emmanuel (Manno Obas) qui pourra être réalisé dès que les contraintes de voyages entre les continents auront cessé. Au-delà du « meet and greet » du 21 novembre en ligne, le public haïtien pourra voir Beethova sur scène en présentiel le 5 décembre dans le cadre des "Rencontres des musiques du monde". Entre-temps, les inconditionnels de tout âge du chanteur peuvent se tourner vers iTunes et l’ensemble des plateformes habituelles pour découvrir « Bon bagay » qui est à leur portée depuis le 18 novembre.  



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