Léon Charles aux commandes de la Police nationale d'Haïti

Le Premier ministre Joseph Jouthe a installé, lundi 16 novembre, le nouveau directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), Léon Charles, dans ses fonctions. Ce dernier n’a pas prononcé de discours mais a noté les instructions du chef du gouvernement, également chef du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) qui, dans son langage habituel, a évoqué ses désirs d’aller « danser dans les bals », dans les «Ti sourit » dans les quartiers chauds, « voir des gens défiler en maillot de bain sur nos belles plages »… sans s’inquiéter.

Publié le 2020-11-16 | Le Nouvelliste

Rameau Normil prend la porte, Léon Charles revient quinze ans après. Très critiqué pour son incapacité ou ses difficultés à garantir la sécurité dans le pays, Rameau Normil a été finalement démis de ses fonctions. Selon une source à la Primature, Rameau Normil, ancien chef de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) où il s’était forgé une réputation remarquable, qui avait pris les rênes de l’institution policière le 27 août 2019, en remplacement de Michel-Ange Gédéon dont le mandat était arrivé à terme, a été révoqué pour « insubordination ». Il y a huit jours, le président de la République a affirmé que M. Normil avait toujours sa confiance. Jusqu’à la publication de l’arrêté présidentiel publié le lundi 16 novembre nommant Léon Charles pour prendre les commandes de l’institution policière qui peine à assurer la sécurité de la population avec la prolifération de gangs armés dans la capitale et dans les villes de province et surtout des actes de kidnapping contre rançon enregistrés en cascade à Port-au-Prince ces derniers mois.

Alors que d’autres noms étaient cités pour remplacer Rameau Normil, c’est finalement Léon Charles qui a été choisi. Ancien responsable des garde-côtes, Léon Charles avait déjà dirigé la PNH au lendemain de la chute de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004. Il a passé seize mois à la tête de l’institution policière avant d’être muté, au poste de ministre-conseiller à l'ambassade d'Haïti à Washington. Le gouvernement de transition dirigé par Gérard Latortue reprochait à Léon Charles son incapacité à ramener le calme dans la capitale avec le déclenchement, le 30 septembre 2004, de l’ « Opération Bagdad » au cours de laquelle plus d’un millier de personnes, dont une cinquantaine de policiers, ont été tuées. Des gangs armés contrôlaient Cité-Soleil, les quartiers de Bel-Air, Sans-Fil, Delmas 2 ou encore Solino.

Évoquant un manque de moyens, Léon Charles, affaibli par les effets de la guérilla urbaine et le phénomène de kidnapping qui rythmaient le quotidien dans la capitale, avait démissionné, laissant la capitale en proie à l’insécurité. Il avait été remplacé par Mario Andrésol, ancien capitaine des Forces armées d’Haïti, premier commissaire de police de Pétion-Ville et ancien directeur de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ)qui revenait des États-Unis où il avait obtenu l’asile politique après avoir été écarté par le régime lavalas.

Jusque-là, avant l’arrêté présidentiel le nommant chef de la PNH, Léon Charles occupait la fonction d’ambassadeur d’Haïti à l’OEA. Depuis sa démission en 2005 de la Police nationale d’Haïti, Léon Charles avait opté pour une carrière de diplomate. Et il revient quinze ans après avoir démissionné !

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